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Canal Saint-Denis, la bascule d'un paysage


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Affiche Canal Saint Denis La Bascule d'un paysage

Canal Saint-Denis, la bascule d'un paysage est un projet artistique de Sophie Comtet Kouyaté assistée de Marie-Astrid Adam, Yasmine Leclère et Flore de Corbier et produit par la Cie des Inachevés et le Grand Village.

Alors que le Grand Paris et les JO 2024 modifient à grande vitesse la physionomie du canal Saint-Denis et ses alentours, Sophie Comtet Kouyaté propose aux habitants du territoire de documenter ces transformations, de s'interroger sur l'environnement qui les entoure et d'en faire ensemble le récit sensible. La Bascule d'un paysage, ce sont 4 films, 400 photographies et des livrets d'écriture réalisés avec des jeunes, adultes, travailleurs et usagers jusqu'en 2024.

Des fêtes, expositions, projections et événements ponctuent ces cinq années d'immersion. Un projet ambitieux et poétique dont nous parle l'artiste Sophie Comtet Kouyaté que nous avons rencontrée.

Rencontre avec Sophie Comtet Kouyaté

Sophie, quel est ton parcours ?

J'ai toujours eu du mal à poser des mots précis sur mes activités. Je fais des films, des photographies. Je suis aussi monteuse et j'ai réalisé des films documentaires d'auteur en France, en Afrique et au Japon. Dans un autre monde, j'ai été créatrice de décors et de costumes pour la danse et le théâtre contemporain à Marseille, à Lyon, à Paris et même metteuse en scène. Je me sens comme un artisan toujours en mouvement et en remise en question permanente tant sur mon statut que je ne veux surtout pas figé et mes questionnements et doutes tracent un chemin sillonnant et qui toujours se réinvente.

Par ailleurs j'ai une sérieuse tendance à aimer les bandes, à rassembler. J'ai aussi mes acolytes avec qui je travaille toujours comme mon mari, le musicien Pédro Kouyaté, mon amie et complice, la dramaturge et metteuse en scène belge Marie-Astrid Adam qui m'assiste dans ce travail, ou encore, la merveilleuse Rachida Aoudia, directrice de la maison de quartier Romain Rolland à Saint-Denis grâce à qui j'ai réalisé mes premiers films dionysiens. Avec l'expérience, ce qui était un défaut est devenu aujourd'hui, à mon sens, un atout pour mes propositions : celle de pouvoir expérimenter et impulser un projet totalement protéiforme. C'est pourquoi on trouve dans Canal Saint-Denis, la bascule d'un paysage des films, des livrets, des balades exploratoires, et même des soirées thématiques avec défilé de costumes !

Unibeton Aubervilliers

Comment est né ce projet ?

Je suis attirée par les territoire périphériques. Tout comme j'ai toujours aimé les êtres à part, mes seuls compagnons possibles. Pour moi, paysages et êtres se confondent et marquent ensemble par leur histoire, leur empreinte, l'identité d'un lieu, ici les territoires riverains du canal Saint-Denis.
Je connais ces quais et ces quartiers depuis longtemps car je les ai pratiqués, explorés, goûtés chaque jour pendant des années quand je réalisais une série de films à Saint-Denis (Sur la terre de Saint-Rémy, Au coeur d'Allende, Le prix de la liberté). 

Il y a tout au long du canal une conjonction de temporalités visibles, par séquences, qui me touche. Le longer en marchant c'est déjà tirer le fil d'un récit cinématographique.

Ce fil d'eau construit par l'homme, devenu si sauvage avec le temps, l'abandon et aujourd'hui bousculé d'un coup par l'histoire contemporaine. Il semble relier les villes, les âmes, les histoires de chacun, toutes si fragiles, si différentes. Un monde qui contient à peu près tout ce que j'aime et que je veux mettre en relief dans mon travail.

La Bascule d'un paysage, ce sont des films documentaires mais aussi un projet photographique et d'écriture, des ateliers... Peux-tu nous en dire plus ? 

Notre projet s’inscrit dans le temps d'une mutation, celle du paysage urbain et riverain du canal Saint-Denis, de la porte d'Aubervilliers à l'Ile-Saint-Denis, dans la perspective des JO 2024 et du Grand Paris. Depuis 2019 et pendant cinq ans, nous invitons les habitants, jeunes et adultes de ce territoire en marge à tisser le récit que leur inspire ce bouleversement, à exprimer ce qu’ils en attendent aussi.? Récit écrit, construit, aiguisé, répété, que nous donnerons à voir, à lire et à entendre à travers 4 films, 400 photographies et 4 livrets, d'ici 2024. L’épopée d’un paysage sensible, vu par ses habitants, et qui, jour après jour, façonne le nouveau visage qu’il montrera à la face du monde au moment des Jeux Olympiques.

En 2021, après avoir réalisé pendant deux ans le film 1 L'histoire, le territoire, une première série de 100 photographies et l'écriture de la première partie du livret mémoire, nous partons à nouveau à la rencontre d’habitants et acteurs locaux.

TEASER CANAL SAINT-DENIS, la bascule d'un paysage. Acte 1 . L'histoire, le territoire. Un film de Sophie Comtet Kouyate? from sophie comtet kouyate on Vimeo.

Au fur et mesure que nous avançons, en coordination avec les centres culturels, les maisons de quartiers, centres de loisirs, les établissements scolaires et les associations de quartier, nous les invitons à participer à l‘écriture du récit de leur environnement quotidien en pleine mutation, à poser une réflexion sur son devenir et à enrichir leurs connaissances sur son patrimoine avec l'organisation ensemble d'une soirée thématique « Saint-Denis, ma ville royale » au Musée d'Art et d'Histoire Paul Éluard de Saint-Denis, le 23 Septembre 2021, des balades exploratoires du patrimoine industriel et historique des quartiers riverains, la réalisation du deuxième film Émergence de la parole basé sur le principe de l'éloquence à partir de textes écrits et répétés en ateliers et l'écriture de deuxième partie du livret mémoire « Canal Saint-Denis, la bascule d'un paysage ». Des restitutions, soirées, projections, lectures publiques ont lieu toute l'année dans divers lieux symboliques et cœurs de quartiers du territoire.

La Bascule d'un paysage       

 

Quels sont tes objectifs, tes motivations avec ce projet ?

Je m'intéresse de plus en plus à la place de l'homme dans la ville, dans son projet.
Qui mieux que l'habitant lui-même peut exprimer son être au coeur de son environnement ? Les territoires périphériques sont le lieu idéal de cette question. Lieux hybrides, imparfaits, ici aux prises à une mutation exceptionnelle : l'effacement des traces d'un très fort passé industriel et des parcours de vie (migrations du travail, identification des quartiers ouvriers, architecture) au profit d'une organisation et d'une physionomie carrément contemporaine.
Ce bouleversement provoque une rencontre choc entre histoire, présent et devenir. Tous les ingrédients de nos récits cinématographiques, photographiques et d'écriture sont à portée de main. Une véritable saga. J'aime me servir dans le réel et fabriquer une histoire parallèle qui pourrait donner à entendre et à voir autrement ce qui impact l'homme, l'habitant et son paysage.
Je fais des films que je veux poétiques mais intrinsèquement politiques.
Je veux questionner la place laissée à l'humain dans tout projet comme une injonction douce qui se servirait du sensible plutôt que de la revendication ou de la démonstration.

Quelle est la place des habitants dans ce projet ?

Les habitants ont une place centrale dans ce projet. Il s'agit de leur offrir un espace d'expression et de les encourager à prendre part au récit de leur territoire. Ce sont eux qui nourrissent le récit.
Par exemple, pour la réalisation du film 2 Émergence de la parole basé sur le principe de l'éloquence, de la parole filmée, je propose et ils écrivent. Marie-Astrid Adam et moi-même les aidons ensuite à approfondir leurs réflexions, à valoriser leur langage. Je puise ensuite dans cette banque de trésors pour tisser l'histoire, construire le fil du film à venir.
Avec ce "scénario", ou plutôt, cette continuité, nous les filmons dans leur environnement pour capter leurs paroles dans le décor de leur quotidien, de leur choix. Ainsi la ville se dévoile, eux inscrits dedans, en même temps que leur intime s'offre à l'écoute.

En parallèle, tous les évènements culturels et projets collectifs réalisés tout au long de l'année (soirées thématiques, balades exploratoires, ateliers) sont autant d’occasions pour eux de s'épanouir ensemble, d'aller à la rencontre d’artistes, d’urbanistes, d’architectes, de travailleurs, d’entrepreneurs locaux, acteurs du canal et, à travers des pratiques artistiques et d'écriture en ateliers, de s'affirmer en tant que citoyens concernés par l'évolution de leur ville, leur quartier.

Peux-tu nous raconter un moment, une rencontre qui t'aurait marquée ?

Il m'est impossible de choisir une rencontre préférable à une autre. Ce projet est une sorte de miracle auquel parfois même je me demande s'il n'est pas de l'ordre du rêve ou de l'utopie.
Ces hommes et femmes de tous âges, ces paysages, ces lieux sont chaque jour porteurs de surprises, d'inattendus, même s'ils me sont familiers tant j'ai pu glaner ici et là depuis tant d'années les sensations dont j'ai besoin pour survivre au monde hyper-organisé. Un monde qui convient peu à mon tempérament.

Comme nulle part ailleurs une foule de sentiments s'oppose sans cesse, se cogne dans ce que je perçois du regard sur les quais déserts parfois, dans les ruelles aux vieux murs encore debout, les abords de chantiers, dans ce que je peux entendre des gens que je croise ou de ceux avec qui nous tissons ce récit.

Ici, les problèmes de survie, les parcours de vie complexes et parfois tragiques. Là, cette force de vie incroyable, cette vivacité d'esprit, cette joie communicante et ultra créative du quotidien qui fait émerger une beauté inouïe. Et puis... ces temps extraordinaires que nous réussissons à partager. Tout cela est juste vivant.

Ce temps de mutation du territoire ajoute sa note d'imprévisible. Les paysages sont sans cesse en mouvement. Ici on pleure la destruction d'un mur mémoire, là on apprécie la beauté d'un geste architectural contemporain ou l'apparition d'un espace de respiration, d'une nouvelle végétation. Pour moi, les JO et le Grand Paris ne sont que prétexte à cette histoire en train de se faire. Les hommes suivent et tentent d'y résister pour certains. Pour d'autres, il s'agit de prendre le train en marche, de s'inscrire dans l'avenir, d'y participer autant que possible. 

Vous avez envie d'en savoir plus ?

2021

Exposition au campus Condorcet : présentation des 100 photographies réalisées en 2020, une exposition dans le cadre du bicentenaire du canal Saint-Denis. - Dates à venir

Projections du film 1 L'histoire, le territoire : dates à venir

Saint-Denis, ma ville royale, soirée thématique au Musée d'art et d'histoire Paul Eluard de Saint-Denis : 23 septembre

Ateliers en maisons de quartier : des ateliers de préparation de la soirée "Saint-Denis, ma ville royale" (cuisine de cour, réalisation de costumes royaux, visite du patrimoine royale de la ville, écriture du carnet de voyage dans ma ville royale) sont organisés chaque semaine de mars à fin septembre à la Maison de quartier Franc Moisin / Bel Air / Stade de France, à la Maison de quartier Romain Rolland et à la Maison des parents de Saint-Denis et chaque vendredi après-midi à la Maison Pour Tous Henri Roser à Aubervilliers.

Ateliers "écriture, éloquence, tournage" pour la réalisation du film 2 Émergence de la parole : toute l'année chaque semaine à l'Orfèvrerie et à l'EAC du Campus Condorcet.

Ateliers en plein air : deux séries de trois journées au Jardin Fatima Bédar du quartier Confluence à Saint-Denis (ateliers couture, écriture, réalisation audiovisuel, cuisine) en collaboration avec l'association Confluence et la démarche Quartier Confluence.

Canal Saint-Denis, la bascule d'un paysage
Canal Saint-Denis

93200 SAINT-DENIS
48.9235094 , 2.3663555
Tarifs Gratuit 
Canal Saint-Denis, la bascule d'un paysage , Canal Saint-Denis, 93200 SAINT-DENIS

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