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Lieux de mémoire de la seconde guerre mondiale du 93


Vous trouverez dans cette liste des lieux en Seine-Saint-Denis qui ont joué un rôle central dans la politique de persécution et de répression mise en place par l’Allemagne nazie avec l’aide du Gouvernement de Vichy, entre 1940 et 1944.

Sites de déportation et d'internement en Seine-Saint-Denis

C’est à Drancy, à la Cité de la Muette que furent internés, entre le printemps 1941 et l’été 1944, la majorité des 74 000 Juifs déportés vers les centres de mise à mort polonais (principalement Auschwitz-Birkenau).

Deux gares, celle du Bourget et celle de Bobigny, furent au cœur de cette mécanique de l’anéantissement qui prenait pour nom "solution finale". Entre mars 1942 et août 1944, 74 convois quittèrent le territoire français depuis ces gares. Moins de 5 000 déportés en revinrent.

Deux camps (le camp de Royallieu à Compiègne et le fort de Romainville aux Lilas) et une prison de la région parisienne (celle de Fresnes) constituaient les trois lieux principaux à l’échelle nationale de l’internement des victimes de la répression – majoritairement des résistants.


Géographie de l'internement et de la déportation dans le nord est parisien

Le fort de Romainville est le premier camp d’importance installé par les autorités
allemandes en zone nord occupée, servant d’abord à l’internement de détenus administratifs, principalement des ressortissants de puissances en guerre avec les nazis. À partir de 1942, il devient la "réserve d’otages" des personnes ensuite exécutées au Mont-Valérien. Annexe du camp de Compiègne à partir de 1943, il est le point de départ des femmes déportées vers le camp de concentration de Ravensbrück en 1944. Au printemps et en août 1944, certaines quittèrent la France depuis le quai aux Bestiaux de la gare de Pantin. Le dernier grand convoi de déportation de la région parisienne partit de cette gare le 15 août 1944.

Ainsi, l’actuelle Seine-Saint-Denis abrite des lieux majeurs et emblématiques de la persécution et de la répression qui se sont déroulées durant la Seconde Guerre mondiale.

Sites de déportation et d'internement en Île-de-France

Le camp de Compiègne-Royallieu, situé dans le département de l’Oise (à moins de 100 km de Paris) constitua à partir de 1941 le principal centre d’internement d’otages juifs et communistes (regroupés sous le vocable "judéo-bolchéviques") puis de résistants déportés, tous victimes d’une répression sans précédent. C’est de là que partirent la plupart des résistants vers les camps de concentration.

À partir de 1943 surtout, la prison de Fresnes servait aux détenus importants de la Gestapo. Au total, près de 65 000 personnes furent déportées depuis les zones Nord et Sud de la France (sans compter celles parties des zones du Nord-Pas-de-Calais ou d’Alsace-Moselle annexée), environ 40 % en revinrent.

Beaucoup de survivants atterrirent en 1945 à l’aéroport du Bourget. Il faut noter qu’avant que Drancy ne devienne le camp des Juifs de France, en août 1941, ce site fonctionnait en relation avec le fort de Romainville, notamment pour l’internement des ressortissants civils de puissances ennemies – principalement des Britanniques. Ils ont alors le statut de Frontstalag, c’est-à-dire de camps au départ réservés aux prisonniers de guerre. La caserne des Suisses à Saint-Denis, dès juin 1940 et après le changement de fonction de Drancy à l’été 1941, servit à l’internement de ces ressortissants civils étrangers.

Voir la carte des lieux de mémoires de la 2e Guerre Mondiale en Ile-de-France.

Extrait de l'étude "valorisation et mise en réseau des lieux de mémoire de l'internement et de la déportation en Seine-Seine-Denis", réalisée par Topographie de la mémoire (Anne Bourgon, Hermine de Saint-Albin et Thomas Fontaine).

Auteur : Anne Bourgon

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