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La Seine-Saint-Denis et ses Monuments de Béton


  • Cité des Courtillières
  • Cité du cinéma
  • Eglise Notre-Dame du Raincy
  • gymanse ile de vannes
  • halle lafaille
  • Maison coignet

Territoire en mutation, la Seine-Saint-Denis est depuis longtemps le terrain de jeu des architectes. Elle compte plusieurs bâtiments emblématiques, certains classés monuments historiques ou label XXe siècle, qui donnent au béton ses lettres de noblesse.

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La Maison Coignet, première maison en béton armé

En 1853, François Coignet installe une fabrique de colle à Saint-Denis. Pour bâtir l’ensemble du site de production (usine, équipements, bâtiments d’administration, dépendances et maison de maître), Coignet invente un nouveau procédé qui se veut la synthèse des techniques industrielles développées à cet instant. La première maison en béton armé, avec balustrade et corniche, est encore visible au 72 rue Charles-Michels à Saint-Denis. Depuis 1998, la maison est inscrite au titre des monuments historiques et bénéficie ainsi d’une protection.

La première maison en béton armé, avec balustrade et corniche, est encore visible au 72 rue Charles-Michels à Saint-Denis.

Notre-Dame du Raincy, Saint-Chapelle de béton

Église moderne construite en 1922-1923 par les architectes français Auguste et Gustave Perret. L'église Notre-Dame, au Raincy, surnommée la « Sainte-Chapelle du béton », est le premier édifice religieux réalisé avec ce matériau jusque-là réservé aux bâtiments industriels. C’est à ce titre qu’elle a été classée Monument historique en 1966. Pour réduire les coûts et harmoniser la structure, Auguste Perret a utilisé le minimum d’éléments. Le concept de rationalisme ressort de son œuvre : c’est la forme qui découle de la structure. La légèreté des 32 colonnes élancées et la lumière des grandes verrières aux variations chromatiques subtiles définissent une esthétique nouvelle. Il s'agit par ailleurs de la première église pour laquelle les frères Perret interviennent comme architectes. Les autres églises projetées et/ou construites par Perret sont des déclinaisons de l'église du Raincy.

Centrale électrique cité du cinéma

La multiplication des lignes du métropolitain, l’accroissement de la demande énergétique liée à la croissance urbaine et le développement intensif de la consommation électrique industrielle conduisent la SEP à augmenter ses capacités de production. À Saint-Denis, la SEP envisage, en 1928, la construction d’une seconde usine : Saint-Denis II, futur Cité du cinéma. Les Forges et Ateliers de Constructions électriques de Jeumont (fournisseur des alternateurs) réalisent la charpente métallique de la salle des machines. Dans cette salle des machines, réalisée en béton armé, un escalier double, revêtu de comblanchien, un calcaire dur utilisé pour la décoration, permet d’accéder aux trois groupes turboalternateurs. C’est cet escalier en vis qui séduira Luc Besson lors du tournage de Nikita qu’il réalisa dans l’ancienne salle des machines de Saint-Denis II. C’est en fait un véritable chantier de génie civil dont les travaux de bétonnage, comptent parmi les plus importants réalisés dans ces années. Les commentateurs font alors valoir les quantités impressionnantes de matériaux consommés pour le seul gros œuvre, sur une période de 18 mois : de quoi en effet construire en une seule journée, pour les périodes de pointe, la structure en béton armé d’un immeuble de 5 étages et d’environ 500 m2 de surface… Pour visiter la Cité du cinéma.

Bâtiment des douanes à Pantin

Les entrepôts de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris (CCIP) s’installent sur les rives du canal de l’Ourcq en 1929 après l’élargissement du canal pour la création du port de Pantin. Les magasins de la CCIP avaient pour fonction essentielle de recevoir des grains et des farines. La Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris est, à cette époque, raccordée aux gares de Pantin et de Noisy-le-Sec dont les voies ferrées desservaient les deux rives du canal. Les deux grands entrepôts qui dominent encore la rive droite sont particulièrement intéressants du point de vue de l’architecture. Construits sur six niveaux communiquant entre eux par des passerelles métalliques, leur structure est en béton et la façade composée d’un remplissage en briques gris claire dont la bichromie forme des motifs réguliers. De grandes verrières en façade éclairent les six étages tandis que les balcons soulignent l’horizontalité du bâtiment à l’aspect de paquebot.

La halle Laffaille

Construite dans l’immédiat après-guerre dans un processus de réaménagement par la SNCF de son réseau, la halle de trafic accéléré de Pantin frappe par ses dimensions. C’est un immense espace couvert destiné à la réception, l’expédition et le transbordement des marchandises. Surnommé la halle Laffaille du nom de l’ingénieur Bernard Laffaille qui a participé à l’élaboration du bâtiment. En 1947, la SNCF n’a alors jamais eu à construire une halle de pareille superficie : 324 m de longueur, 108 m de largeur, soit une surface de 35 000 m². Classique dans sa conception, le mode de construction élaboré par l’entreprise permet surtout d’intégrer un système d’éclairage par lanterneaux transversaux (orientés est-ouest) suspendus en V sous la voûte. C’est le système d’éclairage qui commandera les procédés techniques de construction. Aujourd’hui, Saint-Gobain a racheté le bâtiment pour en faire une plateforme Point P de grande envergure.

La cité des courtillières à Pantin

Au début des années cinquante, le quartier des Courtillières est un des rares terrains non construits sur la commune de Pantin. Cette « réserve », qui se prolonge sur Bobigny, apparaît rapidement pour le Ministère de la Reconstruction et la municipalité comme une opportunité foncière pour faire face au déficit de logements dans la commune. Le parti architectural défini pour les Courtillières prolonge les expériences menées par Aillaud sur le quartier de l’Abreuvoir à Bobigny, inscrivant sa production dans la recherche de solutions alternatives à la « norme de l’orthogonalité ». Les bâtiments en se répartissent en deux groupes : une série de trois corps de bâtiments sinueux entourant un vaste parc réservé aux piétons, coupée au nord par la route reliant Pantin à Bobigny, puis un ensemble de bâtiments « droits », qui, situés au niveau de cette route et disposés en équerre, décrivent une place publique regroupant des commerces en rez-de-chaussée. En 2008, par le biais de la DRAC d'Île-de-France, le ministère de la Culture a décerné à cet édifice le label "Patrimoine du XXe siècle".

Entrepôt des galeries Lafayette

La création et l’implantation de cet entrepôt sont en effet liées au développement croissant de la demande en biens d’équipement ménagers et articles de loisirs que dynamise alors l’élévation rapide du niveau de vie. Elles relèvent également, en termes de politique immobilière, d’une réflexion sur la saturation croissante des centres urbains (densité, règlements, circulation, etc.) alors que les problématiques commerciales se déplacent de la vente vers la logistique.
L’ouvrage conçu par Jean Bloch se résume dans son apparente simplicité à une immense nappe de béton, aussi mince que possible, se déployant sur environ 32 000 m². Elle est constituée par une série de voûtes circulaires, autoportantes et précontraintes. C’est en 1960 le plus grand entrepôt logistique de ce type réalisé en France.

A côté seront construit les entrepôts du Printemps qui viennent de faire l’objet d’une campagne de démolition. Suivront les entrepôts des Galeries Lafayette. En lieu et places de ses vastes monuments de béton, un éco-quartier verra le jour. Les architectes de Bellastock ont été associés dès l’origine du projet d’éco-quartier pour réfléchir aux problématiques de réutilisation des matériaux issus de la démolition et notamment du béton.

Gymnase de l’Ile de Vannes

Ce centre sportif se situe à l’extrémité de l’Ile-Saint-Denis sur une parcelle appartenant à Saint-Ouen. L’architecte Lucien Métrich signe l’avant-projet du complexe sportif de l’Ile-des-Vannes en 1959 avec Anatole Kopp. Le projet est ensuite déposé en 1967 par les architectes Chazannoff, Kopp, Battelier et l’ingénieur René Sarger. Inaugurée en 1971, le complexe sportif comprend un stade couvert, "la Grande Nef ", une base d'aviron, et un stade de plein air. La pièce maîtresse demeure la grande nef de l’Île-des-Vannes. Elle est considérée parmi les réalisations nationales de premier plan. La nef, qui repose uniquement sur deux arcs en béton, a reçu en 2007 le label "Patrimoine du XXe siècle" du Ministère de la Culture pour sa performance architecturale et est inscrite sur l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

La Tour Pleyel

Culminant à 129 mètres de hauteur, la tour Pleyel est la plus haute tour de Seine-Saint-Denis. Construite entre 1969 et 1973, à l’emplacement des anciennes usines Pleyel, elle est faite d’une structure métallique renforcée par du béton. Elle occupe une superficie de 33 000 m2 sur 50 étages. La Tour Pleyel va connaître une profonde transformation.

Sources : une partie de ces informations proviennent de l'"Étude d’histoire des techniques sur un échantillonnage d’« édifices béton »représentatif du territoire de la Seine-Saint-Denis" réalisée par le service du patrimoine du conseil général de la Seine-Saint-Denis.

Jeudi 05 Décembre 2013 - 15:43

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