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Notre Dame de l'Assomption à Stains


Notre dame de l'Assomption - Stains

Il n’est pas vraiment possible de dater l’édification du premier lieu de culte à Stains mais le bourg est érigé en paroisse en 1213 par Pierre de Nemours, évêque de Paris. La paroisse ne figure pas dans le pouillé (état et dénombrement de tous les titres, et dignités ecclésiastiques accompagné d’un revenu d’une région déterminée) du début du XIIIe siècle. L'église qui s'élève alors est complètement reconstruite dans la première moitié du XVIe siècle. Elle reçoit sa dédicace, le 10 juin 1560, d'Eustache du Bellay, évêque de Paris, sous le vocable de Notre-Dame de l'Assomption et de Sainte-Gemme. Le culte de sainte Gemme, invoquée par les femmes stériles, est introduit en France par Blanche de Castille. Au fil du temps, cette dédicace été progressivement délaissée au seul profit de Notre-Dame de l’Assomption.

L’édifice se présente alors comme un rectangle de 33 mètres de long sur 16 mètres de large flanqué de 26 piliers. L'église est construite en gros appareils de pierres calcaires de la région de Creil. Les caractéristiques de cet appareillage, qui permet notamment la simplification des baies des bas-côtés nord et sud, attestent de ces constructions menées rapidement afin de pallier les nombreuses destructions des lieux de culte liées à la guerre de Cent Ans. Son clocher n’est édifié qu’au siècle suivant, entre 1625 et 1627.

Putti et retables remarquables

Les voûtes d’ogives des six travées de la nef, construite sur un plan rectangulaire, possèdent des clefs ornées de motifs sculptés dont plusieurs figurent des écussons armoriés. Les voûtes retombent sur des piles dont les chapiteaux octogonaux sont décorés de « putti » (un putto est un angelot joufflu et moqueur) tenant un écu, des cornes d’abondance, des anges endormis aux ailes déployées et toute une végétation exubérante. L’ancien maître-autel, du XVIIIe siècle est surmonté d’un magnifique retable dont les colonnes corinthiennes encadrant les statues de la Vierge et de sainte Gemme, s'ouvre en son centre sur Marie emportée par des anges. Cette Assomption, datée de 1745, est l'œuvre du peintre Lieveau. Il a été classé Monument historique en 1973 et se trouve exposé actuellement au musée de Saint-Denis.

À gauche du chœur, un autre retable de pierre, également du XVIIIe siècle,  présente au sommet de son tabernacle sculpté une statue de la sainte Vierge debout les deux bras étendus. Cette attitude de Vierge en prière, dite Vierge orante, peut symboliser l'âme d’un défunt. C’est aussi l’expression de la non-violence, un signe de paix. En 1825, la cloche de Notre-Dame de l’Assomption est baptisée Marie-Louise en hommage à Sainte Louise de Marillac (1591-1660), collaboratrice de Saint Vincent de Paul et fondatrice des Filles de la Charité. Notre-Dame de l’Assomption abrite deux dalles funéraires. La première contient le corps de Toussaint-Bellanger (1662-1740), seigneur de Stains de 1714 à sa mort. C’est lui qui fait reconstruire le château de Stains dont il ne reste que les écuries, devenues aujourd’hui l’hôtel de ville. Il décède à Paris, en 1740, et son corps est enseveli dans le chœur de l’église de son domine, auprès de celui de son épouse inhumée l’année précédente. La seconde dalle date de 1747. Elle protège les restes de Jean Tinthoin, procureur fiscal, directeur des pauvres et ancien marguillier (sorte de sacristain qui avait la charge du registre des personnes qui recevaient les aumônes de l'Église) de la paroisse de Notre-Dame de l’Assomption.

L’église Notre-Dame de l’Assomption a été rendue célèbre par le peintre Maurice Utrillo (1883-1955), vers 1930, qui l’a représentée dans son tableau Église de Stains.

Église fermée pendant 17 ans pour cause d’effondrement !

Les différentes guerres qui sont passées sur le bâtiment en ont fragilisé la structure. Ce sont les voûtes qu'il faut reconstruire après le passage des bombes en 1870, les vitraux sont soufflés par une explosion en 1918 et le clocher qu'on doit abattre en 1950 en raison de son mauvais état de conservation. Malgré un classement aux Monuments historiques le 4 avril 1984, l'édifice s’effondre et doit être fermé au public en 1995. De nombreux mouvements de fidèles stanois tentent d’encourager à la rénovation de leur église d’autant qu’avant sa fermeture, le lieu de culte recevait également des manifestations culturelles. Mais l’ampleur des travaux, leur coût trop  élevé et le manque de ressources de la ville interdisent toute entreprise.

Une association « Pour que renaisse notre église en centre-ville », dont Monsieur Marcel Thirion est le président se bat pendant plus de dix ans pour convaincre la mairie de sauver l’église. En 2005, l’association lance une pétition qui recueille 6000 signatures ! Finalement, en février 2012, le conseil municipal de Stains vote le budget pour la rénovation de l’église. Les travaux commencent en mai 2012 pour une durée de deux ans. Il est temps ! L’édifice est soutenu à l’extérieur comme à l’intérieur par des étais, l’escalier menant vers l’orgue est supporté par des échafaudages, la plupart des piliers ne sont pas droits, la cloche est déposée, les trous béants témoignent des récentes fouilles archéologiques.

Sous la direction de Daniel Lefèvre, architecte en chef des Monuments historiques, le chantier de restauration est lancé. Une vingtaine d’ouvriers et d’artisans y travaillent en permanence. Le chantier « sera à la fois très complexe et spectaculaire, déclare Daniel Lefèvre à Eric Bureau, un journaliste du quotidien Le Parisien. Nous allons remplacer les murs remplis de gypse et de ciment - à la suite d’une restauration dans les années 1970 - par des murs en pierre, tout en conservant les voûtes et le toit. Et pour stopper les effondrements et les tassements, dus à des mouvements importants du sol, nous allons construire une dalle sous tout l’édifice. »

Tout est refait dans l’édifice du XVIe siècle : les fondations, les murs, la façade et même le mobilier. La ville de Stains a financé à hauteur de 60% la dépense de ces travaux. « C’est un effort considérable pour une municipalité modeste comme Stains, explique Antoine Zamichiei, directeur des services techniques municipaux. Cela revient à construire trois centres sociaux, cela fait forcément réfléchir. Mais les Stanois y sont très attachés. » Le conseil régional et la Direction régionale des affaires culturelles ont assuré le reste. Quant à l’Eglise, elle a pris en charge les aménagements intérieurs : bancs design et autel en verre éclairé de l’intérieur. Le 25 décembre 2013, le père Jacques Braem, le nouveau curé de Stains, célèbre, aux côtés de l’évêque de Saint-Denis, la toute première messe de Noël dans le lieu saint rénové au terme d’une année et demie d’un chantier colossal.

Des traces du passé qui ressurgissent

En 1995, plusieurs sondages archéologiques avaient été réalisés. Dans la première travée de la nef, un premier sondage au pied des fondations d’un  pilier avait révélé une sépulture en coffre ou en cercueil et de nombreux ossements humains en remblai. Le deuxième sondage a fait apparaître des fondations d’une autre facture que celles observées dans le premier. Un troisième sondage, ouvert au sud de l’église contre le mur de la nef et à la hauteur de la dernière travée, n’a révélé qu’une couche de remblais. Enfin, quelques tessons de céramique granuleuse ont été découverts dans le sondage ouvert à l’extérieur de l’église. À l’est et au sud, un espace d’environ 750 m² pourrait correspondre au cimetière, transféré en 1826.

Si les résultats des sondages restent modestes, les travaux de rénovations, quant à eux, ont révélé de jolies surprises. La restauration des colonnes soutenant les voûtes du plafond a permis la découverte de quatre fresques datant du XVIe siècle et représentant des apôtres, à la grande satisfaction de Michel Baumale, le maire (PC) de Stains. « Pendant longtemps, les spécialistes des bâtiments historiques, les hommes d’art, nous disaient que toute rénovation était impossible, que le lieu était trop vétuste, se souvient le premier magistrat de la ville. C’est une satisfaction d’y être parvenu. Cette église, c’est une partie de l’histoire de la vieille ville ».

Sur le thème de la restauration des monuments :

Petite histoire de la restauration des monuments
Les chartes pour encadrer la restauration des monuments historiques

Notre Dame de l'Assomption à Stains
84 rue Carnot

93240 STAINS
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Notre Dame de l'Assomption à Stains, 84 rue Carnot, 93240 STAINS

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