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Visite des réserves du Musée des arts et métiers : une fabuleuse collection


Le Conservatoire national des arts et métiers, outre ses missions de formation professionnelle et d’enseignement, possède une des plus importantes collections européennes d’objets de sciences et techniques. Mémoire de l’innovation technique du XVIIème siècle à nos jours, elle constitue l’ossature du Musée des arts et métiers, rue Réaumur, où l’on peut admirer quelques 4000 objets répartis en sept domaines : Instruments scientifiques, Matériaux, Construction, Communication, Energie, Mécanique et Transport.

Cependant, la majorité de la collection est conservée dans des réserves situées en Seine-Saint-Denis. Les réserves du Musée des arts et métiers renferment les neuf dixièmes de la fabuleuse collection du musée située rue Réaumur à Paris. La collection (80 000 objets et 15 000 dessins) est conservée dans des réserves situées à Saint-Denis. Réalisé en 1994, le bâtiment est spécialisé dans la conservation de collections muséologiques : ventilation spécifique, hygrométrie constante, cette architecture intelligente conserve ce patrimoine inestimable.

Visiter les Réserves du Musée des Arts et Métiers

Visitez les Réserves du Musée des Arts et Métiers et découvrez tous les trésors qu’elles renferment. Vous serez incollable sur les conditions de conservation, de restauration et d’inventaire du patrimoine scientifique !

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Venez pousser les portes des réserves, elles vous révèleront les trésors accumulés depuis le XVIIe siècle à aujourd’hui, dont l’écrin, innovation muséologique et architecturale, est au service d’un patrimoine technique : inventaire, enregistrement, catalogage, consultation, restauration, entretien, emballage, prise de vues photographiques, préparation d'expositions temporaires, prêt d'objets… Mémoire vivante, laboratoire d’histoire, passage obligé pour l’organisation des expositions, c’est dans les murs des réserves que la dynamique du Musée puise ses sources et que s’effectue l’essentiel des travaux appliquées à la collection.

A quoi servent les réserves ?

Le récolement des collections dans les réservesComme la plupart des grands musées, le Musée des arts et métiers ne présente qu'une petite partie de ses collections dans l'exposition permanente ; la majeure partie est conservée dans les réserves. Très souvent méconnues du public, les réserves des musées constituent la partie cachée de l'iceberg. La majeure partie du travail de conservation des œuvres, études et recherches y est réalisée. Les réserves permettent aux chercheurs, aux professionnels des musées et aux enseignants d'accéder à l'ensemble des œuvres de la collection, à la condition préalable qu'ils aient formulé une demande motivée. Cependant, à l’image du Science Museum de Londres, les réserves du Musée des arts et métiers on fait l’objet d’une recommandation spécifique, celle de créer des réserves visitables situées à l’extérieur du site du Musée.

Les réserves offrent une activité constante : enrichissement des collections, inventaire, conservation préventive, restauration des collections, prêts d’objets pour des expositions temporaires, accueil de chercheurs en sciences et techniques et accueil de professionnels de la muséologie. Les réserves du Musée des arts et métiers participent au mouvement de modernisation des musées et représentent un outil de référence dans le milieu culturel européen.

Les "trésors" du Musée des arts et métiers

Réserves du Musée des Arts et Métiers Depuis la création du Conservatoire national des arts et métiers en 1794 par l'abbé Grégoire, les collections ont été régulièrement enrichies par des dépôts, privés et publics, des legs, des cessions de collections, des achats, des dons.

Peu après l’installation dans l’ancien prieuré de Saint-Martin-des-Champs, affecté au Conservatoire en 1799, les dépôts publics et privés affluent : legs des cabinets de l’horloger mécanicien du roi, Ferdinand Berthoud, de l’abbé Nollet, du physicien Charles ; dépôts de machines et instruments par leurs inventeurs ; attribution de modèles présentés aux expositions universelles ; cessions de collections provenant des ministères, des chambres de commerce ; achats par les professeurs du Conservatoire, modèles utiles à l’enseignement ; dons de sociétés ou de particuliers…

La collection est aujourd'hui une des plus riches au monde dans le domaine des sciences et des techniques. Environ quatre-vingt mille objets et dessins témoignent de l’histoire de l’innovation technique à nos jours.

Depuis la fondation du Conservatoire des arts et métiers par l’abbé Grégoire en 1794, les collections n’ont cessé de s’enrichir. Peu après l’installation dans l’ancien Prieuré de Saint-Martin-des- Champs, affecté au Conservatoire en 1799, les dépôts publics et privés affluent : legs des cabinets de l’horloger mécanicien du Roi, Ferdinand Berthoud, de l’abbé Nollet et du physicien Charles ; dépôts, comme l’ont voulu les législateurs, de machines et instruments par les inventeurs ; attribution de modèles présentés aux expositions universelles ; cessions de collections provenant des ministères, des chambres de commerce, de la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, comme celles des Poids et Mesures ou des Postes, Télégraphes et Téléphones ; achats, par les professeurs du Conservatoire, de modèles utiles à l’enseignement ; dons de sociétés ou de particuliers, comme la collection des appareils de laboratoire de Lavoisier ou, récemment, la collection Bizoire en 2006 constituée de 1500 ensembles.

Le Ministère de la recherche a chargé le Musée des arts et métiers d'organiser un réseau national de sauvegarde et de valorisation du patrimoine scientifique et technique contemporain, en suscitant les initiatives régionales, en assurant un rôle de conseil et d'expertise, notamment pour la constitution de musées scientifiques et techniques.

Cette mission concerne le patrimoine matériel (les objets témoins de la recherche publique et privée, de l'enseignement, les étapes allant de l'instrument au produit industriel, ainsi que les cahiers des laboratoires et autres documents associés) et immatériel (la mémoire vivante de ceux qui ont utilisés ces objets).

Lors de votre visite vous pourrez découvrir nombre de trésor cachés dont ce praxinoscope mis au point par le montreuillois Emile Reynaud et cet émanateur de radium fabriqué sur L’Ile Saint-Denis à une époque où le radium soignait tous les maux.

Le Praxinoscope

Le praxinoscope-théâtre est un jouet optique inventé par Émile Reynaud en 1879. Il donne l'illusion du mouvement de personnages à l'intérieur d'un décor fixe.
Les autres praxinoscopes, plus simples, produisent l’illusion du mouvement à l’aide de figures répétées dans des attitudes diverses, mais ne donnent que de simples images animées, auxquelles manque le relief sur le fond, qui reste toujours un simple papier blanc. Dans le praxinoscope-théâtre, Reynaud réussit à produire de véritables tableaux. Le sujet animé se détache en relief sur un fond décoré qui peut être changé.

Les personnages des bandes du praxinoscope sont dessinés sur un fond noir. Le praxinoscope est intégré à l'intérieur d'un coffret aménagé de façon à permettre l'illusion. Sur le couvercle du coffret se trouve une petite fenêtre où le spectateur doit regarder. À l’arrière du couvercle du coffret, est disposé le dessin du décor fixe. À mi-chemin entre la fenêtre et les miroirs du praxinoscope se trouve un panneau incliné, agrémenté du dessin d'un rideau de théâtre.

Sur le panneau incliné (côté spectateur) est disposée une plaque de verre qui va refléter le décor fixe qui se trouve en face. De l'autre côté du panneau (côté praxinoscope) et au niveau de la plaque de verre, est aménagée une petite ouverture qui va laisser entrevoir les personnages qui se reflètent dans les miroirs du cylindre à facette. Les personnages semblent alors apparaître en premier plan, devant le décor, et s'animent dès que l'on fait tourner le tambour du praxinoscope. Le décor peut être changé, des chromos représentant des paysages, monuments, l’intérieur d’un cirque…

L'émanateur de radium

Les "pouvoirs miraculeux" de la radioactivité signent l’enthousiasme pour le progrès. En 1896, un savant français, Henri Becquerel, découvrit la radioactivité par accident, alors qu’il faisait des recherches sur la fluorescence des sels d’uranium. C’est Marie Curie qui appelle cette bizarrerie scientifique la radioactivité. Bientôt les Curie décèlent l’élément radioactif appelé radium, dont ils parviennent à isoler une petite quantité.

L’engouement pour le radium est tel qu’il deviendra une nouvelle potion magique que l’on vend sans plus de scrupules que les vieux remèdes de bonnes femmes. Il fut donc un temps où l’on enveloppait les bébés dans de la layette enrichie au radium pour qu’ils aient bien chaud. Leurs mères, s’enduisaient le visage de crèmes de beauté "irradiantes" en buvant à la paille des sodas atomiques… Pour cela, on trouve en pharmacie la crème Tho-Radia à base de radium vendue selon la formule du Dr Alfred Curie (un médecin homonyme des fameux Pierre et Marie Curie). Celle-ci, fabriquée dans l’usine de radium de l’Ile Saint-Denis, permet de se radioactiver la peau. Le fluide lumineux guérit toutes les flétrissures du visage, assure la beauté par la santé de la peau, raffermit les tissus, élimine la graisse et supprime les rides.

« Je disais déjà que je croyais être arrivé à la détermination des doses maniables, des doses médicamenteuses du radium. Or depuis cette époque j’ai soigné un grand nombre de malades. J’ai eu bien des insuccès, c’était inévitable, mais je n’ai jamais observé la moindre complication, le moindre effet nuisible attribuable au radium... Aussi ne vous parlerai-je que plus tard des inhalations radioactives dans certaines affections du larynx et des poumons, des injections sous-cutanées ou intraveineuses des solutions radioactives, de l’absorption de poudres radioactivées… » Extrait d’une conférence du Dr A. Darier à la Faculté de médecine de Paris publiée dans la revue Le Radium n°5, mai 1904.

Alors l’atome, matière à faire progresser l’humain ou à regarnir certains portefeuilles ? Marie Curie crée un Institut du radium et Pierre Curie annonce que l’humanité tirerait plus de bien que de mal de ces découvertes. La crème Tho-Radia (1933) mais aussi la poudre, le dentifrice, le savon, le rouge à lèvre et l’émanateur de radium "source de vie et de santé" connaitront un sacré déclin, le lendemain du drame d’Hiroshima…

Maquette fardier de Cugnot

Fardier de Cugnot - 1771
Fardier de Cugnot - 1771

En 1769, un officier suisse, de Planta, soumet au ministre Choiseul plusieurs inventions parmi lesquelles figure une voiture à vapeur. Le projet est soumis à Cugnot. Un fardier (long chariot utilisé pour transporter les pièces d'artillerie, fardier = fardeaux) est construit en taille réelle par la suite. C'est cette machine qui est présentée au Musée.

Nicolas-Joseph Cugnot (1725-1804) né à Void, en Meuse, d'une famille de cultivateurs, fait des études d'ingénieur en génie militaire. Au début de sa carrière, il sert comme ingénieur dans les armées de Marie-Thérèse d'Autriche. Vers 1763, il quitte l'armée et vient vivre à Paris et commence alors à rédiger des ouvrages militaires et à réaliser quelques inventions dont les idées lui sont venues au cours de ces campagnes (dont un nouveau type de fusil accueilli avec intérêt). À partir de 1766, il publie différents traités concernant l'art militaire et les fortifications. Le nom de Nicolas Cugnot est donc connu dans les milieux militaires lorsqu'il présente son projet de voiture mue par la vapeur.

Le modèle exécuté par les services de l'artillerie est construit et essayé en 1770. Malgré ces défauts (disproportion de la chaudière par rapport aux cylindres, foyer mal conçu, etc.), l'essai est jugé satisfaisant. On décide de la construction d'un modèle plus grand. Cette seconde voiture doit marcher à la même vitesse que la première (4 km/h. environ) et porter une charge de 4 à 5 t. La construction de la voiture montée à l'Arsenal de Paris. Terminé en juin 1771, le général de Gribeauval demande à ce que le prototype soit essayé mais Choiseul n'étant plus ministre depuis l'année précédente, l'expérience n'est jamais réalisée.

Toute la lourde masse de la machinerie, qui suit la roue dans ses changements de direction le rend instable. Ce dispositif, machine à vapeur à l’avant, constitue le principal défaut du véhicule A vide, le véhicule bascule dès qu'il s'engage dans un tournant un peu accentué. A pleine charge (4 ou 5 t.), un autre accident est à redouter : la rupture du seul point d'attache de la partie mobile au châssis du fardier. La partie la plus intéressante est la machine à vapeur et les systèmes de transmission.

Nicolas-Joseph Cugnot, demeure le précurseur en matière de propulsion mécanique d'un véhicule. Bien avant la machine à doubles effets de J. Watt (1783), il avait réussi à transformer en mouvement de rotation un mouvement alternatif généré par la vapeur. Mais l'ingénieur militaire avait mal choisi son terrain d'expérience en choisissant le véhicule routier, la locomotion sur rails semblait plus stable et ne demandait pas l'élaboration d'un système de direction.

Le site de Saint-Denis des réserves des Arts et Métiers

Un concours conception-construction pour des réserves est lancé en octobre 1992 et remporté par l'architecte François Deslaugiers. Le site choisi est Saint-Denis (La Plaine). Le chantier débute en septembre 1993. Le bâtiment, terminé mais non encore aménagé, est inauguré en septembre 1994. Le transfert des collections du musée aux réserves débute en avril 1996 ; il permet de dégager les salles d'exposition pour l'installation du chantier de gros œuvre de la rénovation du Musée.

Concept architectural

Réalisé par l’architecte Deslaugiers dans le cadre de la rénovation du Musée des arts et métiers, ce bâtiment est spécialisé dans la conservation de collections muséologiques. D’une surface totale de 7500 m² dont 5000 m² d’espaces de stockage, les réserves c’est aussi 2500 m² d’espaces de recherche et d’ateliers de restauration.

Le concept architectural repose sur un fuselage de 7 mètres de haut, recouvert en façade et en toiture de tôles nervurées en acier inoxydable. Une porte basculante monumentale permet de rentrer des œuvres de dimensions importantes au moment de la livraison.

Parallèlement à ce corps de bâtiment un grand parallélépipède dont les proportions et la matière rappellent les coffrets d’instruments scientifiques. Le choix du contraste architectural entre les deux parties émergées du bâtiment (formes matériaux, volumétrie), correspond à une différenciation des fonctions muséographiques assurées dans l’une et l’autre. Les œuvres sont conservées dans le "coffre", à l’abri de la lumière, tandis qu’elles sont traitées et étudiées dans le "fuselage", où tous les espaces de travail bénéficient d’un éclairage naturel, à l’exception du studio photographique.

Les choix techniques, fonctions et équipements

Le bâtiment répond aux contraintes imposées par les fonctionnalités d’une réserve de musée performante, notamment au plan de la conservation des œuvres dans les meilleures conditions d’hygrométrie et de température, de protection contre la poussière et de sécurité. Les œuvres sont rangées sur un mobilier dessiné par François Deslaugiers et réparties en six zones. L’ampleur des collections impose des travaux permanents d’entretien, de restauration, de dépoussiérage, de nettoyage, de désinfection pour des objets nouvellement acquis dont certains peuvent être porteurs de parasites. La grande variété des œuvres exige des ateliers ou des laboratoires de traitement nombreux, diversifiés et spécifiques pour traiter aussi bien les objets du type machine à vapeur ou voiture, que les pièces plus délicates, fragiles ou précieuses tels les astrolabes ou les chronomètres de marine du XVIIIe siècle.

Toute intervention sur les collections suppose un repérage précis de leur emplacement dans les magasins de conservation. Pour simplifier et optimiser la maintenance automatique des renseignements relatifs à la localisation et aux mouvements des œuvres, le Musée a mis en place un système de lecture par code barre : un code apposé sur l’étiquette d’identification de l’objet et un sur la plaque signalétique du volume de rangement sont saisis.

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