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Emile Reynaud, Montreuil fait son cinéma


Nul ne contestera la paternité du cinéma aux frères Lumière, originaires de Besançon dans le Doubs, mais la Seine-Saint-Denis, et tout particulièrement Montreuil, a contribué au développement de ce que l’on nomma le 7e Art. De Georges Méliès à Charles Pathé, la ville a entretenu d’étroites relations avec les hommes qui ont fait le cinéma. Le premier d’entre eux est un jeune scientifique : Emile Reynaud.

Un Montreuillois invente un nouveau jeu d’optique : le praxinoscope

Émile Reynaud (1844-1918) n’a pas construit de studios à Montreuil, mais il est un enfant de la ville. Cet inventeur et dessinateur naît à Montreuil en 1844. À 22 ans, il met au point un jeu d’optique dont il dépose le brevet en 1877 : le praxinoscope. L’objet se compose d’une cage centrale recouverte de douze miroirs et d’un tambour métallique à l’intérieur duquel est disposée une bande cartonnée sur laquelle Reynaud a dessiné douze poses d’un même sujet ou d’une scène en mouvement. En faisant tourner le cylindre et en regardant les images se refléter dans les miroirs, la scène s’anime sans saccades, atout majeur par rapport aux jouets du même type existant jusqu’alors. Cette invention reçoit à l’Exposition Universelle de 1878 une mention honorable. Reynaud perfectionne son appareil en y ajoutant une lanterne, permettant ainsi de projeter ses scénettes sur un écran. C’est le praxinoscope à projection.

Émile Reynaud imagine l’animation de ses dessins

PraxinoscopeEn 1889, Émile Reynaud construit pour l’Exposition Universelle le Théâtre optique, mécanique réalisant des projections continues. Sorte de praxinoscope géant (300 à 700 dessins), le théâtre optique est caché derrière l'écran. Les personnages sont projetés par une première lanterne magique qui les renvoie sur les miroirs du cylindre à facettes puis à travers plusieurs lentilles, sur l'écran. Le décor fixe est peint sur une plaque de verre et projeté par une seconde lanterne magique de façon traditionnelle. On retrouve là tout le principe du dessin animé dit "traditionnel" moderne, avec décors et cellulos. Cette invention est d’ailleurs considérée comme l’ancêtre de notre dessin animé. Des aimants placés sur la bande permettent également de faire des bruitages durant le film.

Le Théâtre optique est présenté pour la première fois au musée Grévin le 28 octobre 1892 avec, au programme, trois pantomimes lumineuses : Pauvre Pierrot, Clown et ses chiens et Un bon bock. Reynaud assure lui-même les dix milles projections publiques données au musée Grévin de 1892 à 1899, en renouvelant son répertoire tous les ans. Chaque projection est accompagnée au piano par le compositeur Gaston Paulin qui écrit des musiques originales pour ces spectacles. Mais, le public, distrait par la concurrence, délaisse le musée Grévin et la direction de celui-ci résilie le contrat d’Émile Reynaud.

L’inventeur ne baisse pas les bras et imagine, en 1902, une machine permettant d’animer des photographies en relief, le stéréopraxinoscope. Mais l’avance inexorable du cinématographe des frères Lumière met fin à sa carrière. En 1910, Émile Reynaud, ruiné, jette dans la Seine la plupart de ses œuvres et brûle les documents qui auraient permis d’en savoir d’avantage sur sa vie et ses inventions. Il est interné en 1917 à l’hospice des incurables d’Ivry-sur-Seine où il meurt l’année suivante.

Pour les plus curieux, des parcours cinématographiques permettront la découverte des grands sites de tournages de films français et l’histoire général du cinéma en Seine-Saint-Denis.

Le cinéma en Seine-Saint-Denis


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