Vous êtes ici : Accueil  >   > 

La rénovation urbaine des années 70


A partir des années 1970, les urbanistes interviennent sur de vastes plans-masses et la rénovation urbaine se concentre surtout en centre-ville. Ces réalisations, de tailles diverses, vont de l’opération Basilique à Saint-Denis ou la ZAC du centre-ville de Drancy à des productions plus modestes comme la Maltournée à Neuilly-Plaisance ou l’îlot Entrepôts-Desportes à Saint-Ouen.

Quelques réalisations urbaines des années soixante-dix 

Pour ne citer que quelques exemples parmi beaucoup d’autres, il faut remarquer l’îlot du Bocage à l’Ile-Saint-Denis (réalisés par les architectes Katerine Fumiani et Gilles Jacquemot), la rénovation du vieux bourg de Villetaneuse par Jean Renaudie (un moment menacée mais qui a fait l’objet d’un projet de renouvellement urbain dont la convention avec l’ANRU a été signée en 2007), l’îlot Carnot à Stains où Edith Girard travaille avec la brique et crée des c½urs d’îlots végétalisés, l’ensemble de Jean Nouvel à Saint-Ouen ou bien encore la ZAC Fontaine-Rosée à Pierrefitte. L’exemple le plus significatif demeure peut-être celui d’Henri Planacassagne, à Drancy, pour la ZAC du centre-ville. Ancien disciple de Le Corbusier, Planacassagne vitupère désormais contre les méfaits de l’absolutisme fonctionnaliste. A Drancy, il tente d’intervenir tout en finesse et de renouer avec les continuités urbaines classiques, les rues, les places. A l’inverse, à la Maladrerie, quartier où l'on peut se promener à Aubervilliers, Renée Gailhoustet, en 1976, conçoit son projet en respectant l’alignement sur la rue tandis que l’arrière est traité comme un ensemble paysagé.

La cité Pierre Sémard au Blanc-Mesnil, un ensemble inscrit dans le vernaculaire 

Cette cité est l’½uvre de l’architecte d’origine polonaise Iwona Buczkowska qui a imposé sa vision d’un quartier tout en bois, dressant ses toits aigus vers le ciel. Si ses plans ont été conçus à la fin des années soixante-dix, cet ensemble de logements n’a été réalisé qu’entre 1986 et 1992. Dans ce complexe, mêlant 225 HLM et 6 ateliers d’artistes, le maître d’½uvre promeut l’oblique qu’elle conçoit comme un médiateur, un biais entre les verticales et les horizontales, une manière de les atténuer tout en les respectant.

« Je me suis inspirée des constructions pavillonnaires du Blanc-Mesnil » souligne Iwona Buczkowska dont le travail s’inscrit effectivement dans une zone pavillonnaire qu’elle n’a pas souhaité dénaturer par son intervention. « J’ai installé des terrasses, des espaces, des jardins et des chambres sous les combles, tout en évitant la monotonie des toitures. » Le bois utilisé pour la construction de la cité Pierre Sémard est du mélèze, un matériau qui travaille, bouge, possède sa propre vie. Au fil du temps, le bois a pris une teinte grisâtre, mais sa structure a été traitée pour ne pas être endommageable, même si des fissures apparaissent.

Aucun des bâtiments ne dépasse trois étages et chacun diffère des autres, comme si l’architecte avait souhaité souligner l’identité unique de chacun de ceux qui les habitent. Pourtant, l’îlot est ordonné autour de placettes donnant une impression d’homogénéité tandis que les jardins qui agrémentent l’ensemble « contribuent au prolongement naturel de la vie de la maison » et invitent à la vie sociale. En juin 1994, Iwona Buczkowska a reçu le prix Delarue par l’académie d’architecture pour l’ensemble de ses réalisations.


Site par ID-Alizés