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PSA Peugeot-Citroën : L'’industrie automobile à Saint-Ouen


Avec l'amputation, voire l'annexion complète de certaines communes périphériques et les grands travaux du Second Empire, le déplacement des industries vers la banlieue s'accélère. Cette migration concerne en priorité les activités les plus encombrantes et celles qui apportent le plus de nuisances. Les espaces non construits de la banlieue permettent une expansion à moindre coût de certaines entreprises parisiennes. Malgré la grande diversité des activités, la chimie, la métallurgie et la mécanique deviennent les secteurs dominants. L'usine Farcot marque, à Saint-Ouen, le début de l'ère de la métallurgie.

L'entreprise Joseph Farcot ouvre l'ère de la métallurgie à Saint-Ouen

Marie-Joseph Farcot, inventeur et industriel parisien, crée en 1823 une entreprise de machines à vapeur. Inventeur infatigable, son entreprise prospère et, en 1846, l'industriel décide de transférer ses activités à proximité de la gare d'eau des docks de Saint-Ouen. Une politique d'achats successifs de parcelles alentour constitue aux Etablissements Joseph Farcot un domaine de près de quatre hectares. Le raccordement avec les embranchements industriels relie l'entreprise aux chemins de fer du Nord et de l'Ouest. Si la principale production de l'usine demeure les machines à vapeur, la diversification de la fabrication s'ouvre sur les chaudières, les pompes, les machines électriques et les machines-outils. Avec l'extension du domaine et la diversité de la production, l'usine, qui emploie 145 personnes en 1849, occupe, selon les périodes, de 500 à 700 salariés entre 1872 et 1902.

Des murs-pignons en façade et des halles métalliques

Autour des années 1840-1860, l'architecture industrielle, peu innovante, puise son vocabulaire dans celui de l'architecture classique, utilisant frontons, colonnes, arcs et, d'une manière générale, tout ce qui se rapporte à une architecture prestigieuse dont s'inspirent les styles anciens. La forme la plus employée est de loin la halle qu'elle soit en pierre, en bois, en métal ou en briques, comme on peut le constater pour les usines Christofle et Tréfimétaux à Saint-Denis mais aussi pour une grande partie des EMGP. C'est ce principe qu'utilise Joseph Farcot pour la construction de sa nouvelle usine.

Comme pour les halles traditionnelles des marchés, les murs-pignons constituent les façades. Ces murs-pignons, percés de baies en plein cintres en triplet, sont souvent juxtaposés afin d'obtenir la surface souhaitée sans se poser le problème de la portée. Mais, avec l'utilisation du métal, notamment lors des expositions universelles, l'architecture industrielle fait un bond en avant considérable. Les halles de Baltard, construites en 1864, demeurent les plus célèbres de ces halles métalliques. En 1880, Farcot fait édifier une magnifique halle en fer qui couvre 824 mètres carrés. L'aura de Joseph Farcot, qui joue également son rôle au sein de la municipalité, tient une place prépondérante dans la vie de l'entreprise. Avec la disparition de l'industriel, en 1908, l'usine périclite. Elle est revendue en 1915 à la société Bouhey-Somua et, en 1924, André Citroën fait l'acquisition de l'entreprise.

PSA Peugeot Citroën, un site industriel au cœur de la ville

La métallurgie connaît une forte expansion en banlieue parisienne dans les années 1920-1930, notamment à Saint-Denis et à Saint-Ouen, l'industrie phare de cette période étant l'automobile. Si, dans un premier temps, l'industrie automobile, menée par Renault et Citroën, reste concentrée à Levallois et à Clichy, la Seine-Saint-Denis n'est pas en reste avec l'implantation des entreprises Delaunay-Belleville et Hotchkiss à Saint-Denis et Citroën à Saint-Ouen. André Citroën s'implante sur deux sites à Saint-Ouen dont l'ancienne usine Farcot qu'il rachète à la SOMUA. Des essais de moteurs à explosion sont réalisés dans cette usine où travaillent, à la fin des années 1920, 3 200 personnes (le deuxième site exploité par Citroën à Saint-Ouen et aujourd'hui disparu emploie à la même époque 1700 ouvriers).

Devenu le groupe PSA Peugeot Citroën, l'unité de Saint-Ouen est vouée principalement à l'emboutissage et l'assemblage des pièces. L'emboutissage est une technique de fabrication fondée sur la déformation plastique du matériau – en général du métal – consistant en un allongement ou un rétreint local de la tôle pour obtenir la forme désirée. L'emboutissage est un procédé de fabrication très utilisé dans l'industrie automobile, notamment dans les domaines de la carrosserie et des outillages. Le groupe PSA Renault Citroën de Saint-Ouen emploie actuellement environ sept cents personnes. En plus de son activité d'emboutissage (1,5 millions de pièces embouties chaque jour), l'entreprise réalise également des prototypes de pièces et des outillages. Il est possible de découvrir cette unité de production importante grâce aux visites organisées par le Comité départemental du tourisme de la Seine-Saint-Denis dans le cadre des visites d'entreprise.

PSA Peugeot-Citroën : L'’industrie automobile à Saint-Ouen

PSA Peugeot-Citroën : L'’industrie automobile à Saint-Ouen
13 - 19 avenue du Capitaine Glarner

93400 SAINT-OUEN
48.906723 , 2.327034899999944
Accès Accès
Vélib' : 34008 - GARIBALDI (SAINT OUEN) (34m)
Vélib' : 34009 - MAAR (SAINT OUEN) (39m)

 
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