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Tremblay-en-France : un village à tradition agricole


La grange aux Dîmes à Tremblay, vestige du passé rural de la villeSi les sources manquent pour évoquer avec certitude les travaux des champs du temps de l’abbé Suger, abbé de Saint-Denis et seigneur de Tremblay, il est intéressant de constater à travers des noms de lieux le souvenir des activités paysannes du village. L’ancienne rue de la Faucille et l’actuelle rue de l’Epinette rappellent deux activités primordiales dans la vie quotidienne des paysans : l’exploitation céréalière et l’époque des moissons pour la première, l’élevage de la volaille (l’épinette étant une cage pour engraisser les poules) pour la seconde.

Un document cité par Guy Fourquin dans son ouvrage sur les Campagnes de la région parisienne à la fin du Moyen âge, montre comment les Tremblaysiens utilisent au mieux leur champ pour produire plus et plus souvent, tout en laissant la terre se reposer afin qu’elle ne s’épuise pas. En 1334-1335, sur 463 arpents, 136 sont semés en blé d’hiver, 154 en blé de printemps et 163 ont été laissés en jachère. Ainsi, les paysans de Tremblay profitent au maximum de leur terroir, le faisant produire deux fois par an sur les deux tiers de la surface utilisable et en laissant un tiers de cette surface au repos. Avec deux ensemencements annuels, ils variaient la production et diminuaient le risque de la récolte unique.

Les terres de Tremblay sont riches pendant l’Ancien régime et, comme pour le reste de la Plaine de France, le rendement pouvait atteindre 8 pour 1 (8 grains récoltés pour 1 semé) alors que dans de nombreuses régions, le rendement était de 2 pour 1.

Au regard d’une carte de l’ancien village, trois chemins parallèles reliaient le Vieux-Pays au sud de la commune : le chemin du Loup, le chemin des Vaches et le chemin des Pommiers. Le loup, la vache et le pommier ! Ce pourrait être le titre d’une fable de Jean de La Fontaine. Au-delà du clin d’½il, les noms de ces trois anciens chemins résument la vie quotidienne des Tremblaysiens de cette époque : les vaches et les pommiers pour l’agriculture, le travail de la terre, les aléas du climat et les exigences du seigneur. Les loups, habitants des forêts et personnages de légendes qui vivaient dans les bois voisins et s’aventuraient parfois jusque dans les étables pour y prélever, à leur manière, leur part du travail des hommes.

Tremblay-les-Gonesse au XIXe siècle

La commune ne connaît pas un accroissement important de sa population au cours du XIXe siècle (environ 650 habitants en 1788 et 763 en 1899) et ce siècle de l’industrie et des mutations économiques et sociales ne provoque aucun bouleversement dans cette commune à vocation agricole, malgré sa proximité de la capitale, vocation qu’elle conserve encore aujourd’hui, même si les structures de l’économie agraire ont évolué au rythme de la mécanisation et du marché.

Le changement fondamental concerne la possession des terres, des bêtes et des outils. La Révolution de 1789 avait concentré les biens entre les mains de quelques uns, pour la plupart des Parisiens, qui mettaient leurs domaines en fermage. À défaut d’un prolétariat urbain et industriel se constitue un prolétariat rural groupant les ouvriers et les saisonniers. Leurs conditions de travail et leurs revendications apparaîtront au grand jour lors des grèves déclenchées à la fin des années 1930.

L’abondance du cheptel oblige les paysans à consacrer de larges étendues de terres à la culture des plantes fourragères. Ainsi, en 1904, 326 hectares sont semés en avoine, 158 hectares en luzerne, 7 hectares en trèfle, 1 hectare en betteraves fourragères et six hectares en autres fourrages, soit environ 500 hectares du territoire (sur près de 2 000, espaces boisés compris) réservés à l’alimentation du bétail et des animaux de trait.

Un élevage emporte la prédilection des paysans tremblaysiens, celui du mouton : 3 600 têtes en 1784, 6 000 en 1892 ! Il faut dire qu’au cours du XIXe siècle, la foire du Lendit qui se tient à Saint-Denis depuis le Moyen-âge, facilite les transactions lainières. L’introduction de la mécanisation dans les campagnes et la disparition progressive de l’élevage provoquent une grande  mutation qui s’achève peu après la Seconde Guerre mondiale. Les céréales, le maïs et le blé, en alternance avec la betterave, remplacent les cultures fourragères et l’élevage. La pomme de terre est aussi prisée par les agriculteurs, suivant en cela une tendance nationale.

La culture de la pomme de terre permet l’éclosion d’une petite industrie locale, la fabrique de fécule de pommes de terre. La culture de la betterave favorise l’installation de petites fabriques, telles les sucreries et les distilleries, fournissant un travail presque exclusivement saisonnier.

Après l’abandon des cultures traditionnelles, beaucoup de petits fermiers se reconvertissent dans l’aviculture, l’élevage de la volaille. C’est un moyen de rester « à la terre », au moment où de larges surfaces deviennent indispensables à une agriculture extensive. En 1868, la ferme du château du Vert-Galant exploitée par un agronome, puis par la Ville de Paris, sert de champs d’expériences agricoles. L’emploi de l’engrais liquide du dépôt de Bondy y est testé avec succès.

L’activité agricole aujourd’hui à Tremblay-en-France

Le nord de l’Ile-de-France est actuellement constitué d’une grande continuité agricole s’étendant, d’une part, du nord de l’agglomération parisienne à la limite septentrionale de la région, et, d’autre part, de l’arc forestier des forêts de Carnelle, l’Isle-Adam et Montmorency à l’ouest, aux vallées de la Marne et de l’Ourcq à l’est. Les terres cultivées de Tremblay-en-France, où cinq cents hectares de terres agricoles sont préservés, soit près du quart de la totalité du territoire de la commune, appartiennent à cette continuité.

L’impact du développement de Roissy (lui-même lié directement à la vocation internationale de la région Ile-de-France) sur les espaces agricoles représente un enjeu majeur. Grand consommateur d’espaces pour ses zones d’activité et son réseau d’infrastructures, l’aéroport menace le bon fonctionnement de l’activité agricole, surtout dans la partie médiane du territoire.

Afin de protéger le site tremblaysien, il semble impératif, d’une part de préserver la continuité agricole entre Tremblay-en-France et Mitry-Mory et le grand ensemble agricole seine-et-marnais et, d’autre part, fixer la limite urbaine au nord de la plate-forme aéroportuaire de Roissy. La programmation dans un plan d’ensemble et de façon concertée de l’urbanisation, en particulier à Tremblay-en-France, semble nécessaire.

Au début du XXIe siècle, Tremblay-en-France, présente une configuration originale avec un sud urbanisé, un centre villageois entouré de terres agricoles et le nord occupé par les installations aéroportuaires et des zones d'activités économiques (Paris-Nord 2). Le village, dit le « Vieux Pays », est resté préservé. À elle seule, la commune de Tremblay-en-France illustre parfaitement le contraste présenté par la Plaine de France, juxtaposition de vieux villages ruraux entourés de grandes cultures céréalières mais aussi d’activités économiques telle que la plateforme aéroportuaire de Roissy et d’habitations avec les grands ensembles du nord-est parisien.

Sur la thématique de l'agriculture en Seine-Saint-Denis :

La grange aux dîmes
Les unités agricoles de la Plaine de France


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