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Les grands ensembles du Clos Saint-Lazare et de la Rose des vents


L’expansion industrielle de la Seine-Saint-Denis durant les « trente-glorieuses » continue d’attirer entreprises et ouvriers désireux de se rapprocher des pépinières d’emplois. Des communes, encore rurales jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, explosent sous l’afflux de la population venue chercher du travail. Après La Courneuve, Stains, Aulnay-sous-Bois et d’autres encore, les municipalités sont confrontées au problème crucial du logement…

À Stains, le Clos Saint-Lazare prolonge la cité-jardin

Le quartier du Clos Saint-Lazare, situé au sud-ouest de Stains, à 5 minutes à pied du centre-ville, occupe une superficie de 29 hectares. C’est la plus grande cité de la ville. Vingt-huit bâtiments collectifs comptant 2193 logements et 60 pavillons abritent 10 000 à 12 000 habitants. Elle est édifiée sur des terrains maraîchers, entre 1966 et 1970, sous la direction de Clément Tambuté, le même architecte que les 4000 logements de La Courneuve. Ce grand ensemble devait constituer le prolongement de la cité-jardin, située plus à l’est, et construite durant la période de l’entre-deux-guerres.


Le clos Saint-Lazare

La grande idée de Citroën à Aulnay-sous-Bois : rapprocher l’habitat des usines

Au début des années 1970, Citroën le constructeur d’automobiles, envisage de quitter son site historique du quai de Javel, dans le XVe arrondissement (actuel parc André Citroën), où il est implanté depuis 1915, pour s’installer à Aulnay-sous-Bois. La situation particulièrement privilégiée du terrain choisi, à proximité des autoroutes A1, A3 et A104, le rend attractif. Citroën, déjà présent dans le département, à Saint-Ouen, entreprend les travaux de construction pour sa nouvelle unité de production. Parallèlement, les dirigeants de l’entreprise se posent le problème du logement de leurs ouvriers et de leurs cadres. D’anciennes terres agricoles dans la partie nord de la ville semblent répondre parfaitement à cette utopie : rapprocher l’habitat des usines. Alors que se termine la construction du Clos Saint-Lazare à Stains, l’urbanisation des quartiers nord d’Aulnay-sous-Bois commence avec, notamment, la construction de la Rose des Vents, dite aussi la cité des 3000 logements. Le maître d’ouvrage en était l’OPHLM de la Seine qui l’a géré jusqu’en 1982.  Au-delà de la Rose des Vents, l’ensemble des cités des quartiers nord offre 6500 logements sociaux dont 745 pavillons. 24 000 habitants, soit 30% de la population aulnaysienne, y sont concentrés sur 4 % du territoire.

Urgence d’hier, patrimoine de demain

Comme à la cité des 4000 logements à La Courneuve, les constructeurs du Clos Saint-Lazare et de la Rose des Vents utilisent les procédés les plus performants de l’époque, à savoir la technique du chemin de grue et la préfabrication industrielle. Barres et tours envahissent le paysage. Mais, là aussi, à l’image des 4000, avec le mauvais entretien des cités auquel s’ajoute pour la Rose des Vents son enclave au milieu des autoroutes, la dégradation apparaît, se propage et gagne. Une première réhabilitation est réalisée à Aulnay dans les années 1980. Puis, comme pour tous les grands ensembles de la banlieue parisienne, les sigles malsonnants apparaissent : DSQ, ZRU et autre PRU font cortège et se succèdent au cours des années. Mais, en 1999, l’Office Départemental d’HLM de la Seine-Saint-Denis, en partenariat avec la ville de Stains et l’Etat entreprend de transformer le Clos Saint-Lazare au moyen d’un grand projet urbain conventionné par l’ANRU. Cet organisme d’Etat subventionne de nombreux autres projets en Seine-Saint-Denis comme la réhabilitation des Courtillières à Pantin. La Rose des Vents en bénéficie également.


Le clos Saint-Lazare

Parallèlement aux grands projets, la vie associative rend le quotidien plus humain. Des initiatives telles que les jardins familiaux du Zéphyr à la Rose des Vents, inaugurés en juin 2008, s’intègrent au projet de rénovation urbaine. Cinquante-deux parcelles de 30 m2 chacune alignent leurs potagers au pied des barres. Projets modestes et entreprises d’envergure s’accordent pour que les grands ensembles, construits hier dans l’urgence, décriés aujourd’hui, deviennent le patrimoine, véritable témoin d’une époque, demain. D’autant qu’à y regarder de plus près, ce que l’on a l’habitude d’appeler couramment les « grands ensembles » ne présentent pas un caractère uniforme, homogène, où monotonie rimerait avec ennui. Si tours et barres prédominent, de nombreux architectes de talent se sont efforcés, abandonnant le chemin de grue, d’offrir une qualité esthétique novatrice frôlant parfois l’avant-gardisme. Ainsi, Emile Aillaud avec ses tours en cylindres et en étoiles à la cité de l’Abreuvoir à Bobigny et son serpentin aux Courtillières à Pantin ou Henri Colboc, parmi les premiers à intégrer des maisons individuelles au sein de la cité comme dans le Clos des Français à Montreuil (1956-1961 rue Hoche).


Le clos Saint-Lazare


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