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La cité du Pont-Yblon à Dugny


À peine dix années après que « l’aéroport de Paris » ait été ouvert à l’aviation civile, en 1919, plus de 45 000 voyageurs y embarquent. Au nord du terrain d’aviation, la cité d’H.B.M. du Pont-Yblon et celle du 212 avenue du 8 mai 1945 (RN2) complètent un ensemble voué à l’aviation. La première, située sur le territoire de Dugny, est séparée du centre ville par le terrain d’aviation. La seconde, face à l’aéroport du Bourget, se trouve sur le territoire de Blanc-Mesnil.Lors de la conception de ces deux projets, une cité-jardin devait relier Pont-Yblon et la Cité 212 mais elle n’a jamais été réalisée.

Les militaires, seuls locataires, en font un quartier à part

La cité du Pont-Yblon à Dugny sort de terre en 1933, peu de temps après la cité de l’Esguillez construite en 1932, rue Normandie-Niemen. La société « Foyer du Progrès et de l’Avenir » en est le maître d’ouvrage et le maître d’½uvre Germain Dorel (1889-1970), l’architecte qui réalisera une centaine de mètres plus loin la cité 212 au Blanc-Mesnil. Le Pont-Yblon est un vaste ensemble collectif de 334 Habitations à Bon Marché (HBM) destinées à recevoir les familles de gardes mobiles. Un groupe scolaire et un dispensaire y sont intégrés.

Du fait de son éloignement du centre ville, mais surtout de sa population, cette cité est longtemps considérée par les Dugnysiens comme un quartier « à part ». Pourtant, c’est grâce, justement, à sa situation excentrée que Pont-Yblon résiste au bombardement du 16 août 1943 qui détruit totalement le centre ville de Dugny. Après cette destruction, une permanence administrative communale est installée à Pont-Yblon, seul quartier de la ville encore debout.

Deux constructions, un même architecte : des constantes et des différences

Bien que les deux cités aient été conçues par le même architecte, elles ne sont pas construites tout à fait dans le même style. Certes, des éléments caractéristiques des années 1930 se retrouvent dans les deux cas ainsi que la variété des matériaux, chère à Germain Dorel, mais la cité du Pont-Yblon est beaucoup moins remarquable que celle du Blanc-Mesnil. Aucun des éléments du Karl Marx Hof viennois construit en 1927 par Karl Ehn, si présents dans la résidence Germain-Dorel, ne se retrouvent au Pont-Yblon.

La modernité architecturale des années 1930, soulignant la référence à l’hygiène grâce à la bonne circulation de l’air, s’exprime dans les ouvertures de la cité du Pont-Yblon. L’horizontalité des travées des fenêtres, soulignée par les balcons, est renforcée par la verticalité des cages d’escaliers rythmant les façades, tout comme à la résidence Germain-Dorel. Pour ce qui concerne la statuaire, très présente avec ses représentations maternelles au 212, la figure féminine domine également à Pont-Yblon avec ses Diane Chasseresse en ciment moulé. Pour ce qui concerne l’intérieur, probablement du fait de sa destination locative à des familles de gardes mobiles, les appartements y sont plus spacieux et plus confortables. En 1976, des locataires civils remplacent les gardes mobiles et une mairie annexe est inaugurée dans le quartier en 1995. La cité du Pont-Yblon a été réhabilitée en 1996.


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