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L'Oeuvre d'André Lurçat à Blanc-Mesnil


Si Blanc-Mesnil tient son nom de la teinte de ses maisons construites en calcaire lorsque la ville n’était qu’un village, son patrimoine architectural s’est depuis largement diversifié. Déjà dans les années 1930, l’architecte Germain Dorel marque de son empreinte la ville avec la fameuse cité construite au 212 avenue du 8 mai 1945. Dans les années cinquante et soixante, le patrimoine blanc-mesnilois s’enorgueillit d’une signature prestigieuse avec les réalisations d’André Lurçat.

André Lurçat, un architecte résolument moderne

Né dans les Vosges, André Lurçat (1894-1970) fait des études aux Beaux-Arts de Nancy puis de Paris. Avec son frère, le peintre Jean Lurçat, il construit dans la capitale, en 1924, un ensemble d’ateliers d’artistes, la Villa Seurat, qui le consacre. Devenu l’un des architectes modernes les plus en vue, influencé par Alfred Loos, représentant du « style international » avec Le Corbusier et Mallet Stevens, André Lurçat s’affirme comme un moderniste dans ses constructions, surtout novatrices dans sa première période, celle de l’entre-deux-guerres. Il participe au « werkbund » (exposition d’architecture d’avant-garde) en 1927 à Stuttgart et en 1932 à Vienne. Il se fait connaître aussi par des réalisations comme le groupe scolaire Karl Marx à Villejuif en 1931-1933. Pendant la guerre, il figure parmi les fondateurs du Front national des architectes résistants. Il s’engage activement dans la reconstruction de l’après-guerre en France où il se voit chargé de la reconstruction de Maubeuge. Il est l’urbaniste de communes de la région de Nancy mais également de la région parisienne avec de nombreuses habitations collectives à Saint-Denis, Le Blanc-Mesnil, ou Villejuif. Au Blanc-Mesnil, il a aussi conçu l’Hôtel-de-Ville en collaboration avec Michaut et, plus tard, le stade Jean-Bouin, avenue Jean-Jaurès.

L’empreinte de Lurçat dans toute la ville

André Lurçat conçoit une vingtaine de réalisations au Blanc-Mesnil dont six bâtiments scolaires et trois dédiés à la santé, cinq bâtiments publics dont l’Hôtel-de-Ville et six ensembles de logements collectifs : vingt logements économiques, rue Victor-Hugo, en 1953, la cité Danièle-Casanova (190 logements), avenue Lénine, en 1955-1957, la cité Victor-Hugo (238 logements) avenue Victor-Hugo, en 1958, la cité des Quinze-Arpents (250 logements) en 1959-1960, la cité des Blés d’Or (290 logements) en 1959-1962, et la cité Voie Verte, propriété d’Emmaüs (216 logements) en 1961-1963. Ces six ensembles s’inscrivent parmi les trente-trois cités d’habitat collectif édifiées dans la ville afin de répondre aux besoins liés à la reconstruction et l’urbanisation de l’après Seconde Guerre mondiale.

Pour les 238 logements de la cité Victor Hugo, Lurçat conçoit des bâtiments cubiques, répartis symétriquement de part et d’autre d’une vaste pelouse en forme de flèches. Le parc triangulaire est fermé d’une large barre d’habitations dont la façade symétrique est ponctuée de modules en avancées, créant une animation de sa surface. Dans le premier projet de l’Hôtel-de-Ville, en 1938, André Lurçat avait prévu d’y adjoindre un bâtiment destiné à abriter les communs, une conciergerie, les ateliers municipaux, la caserne de pompiers et un garage. Ce premier projet reste dans les cartons de l’architecte à cause de la guerre et l’Hôtel-de-Ville ne sera construit que dans les années soixante. Entre temps, la ville a évolué et le complexe qui devait jouxter la mairie est édifié au nord de la commune, en bordure du parc urbain. Dans cet édifice public, aujourd’hui les ateliers municipaux, l’architecte allie avec élégance une monumentalité aux proportions classiques à la géométrie des structures industrielles contemporaines.

Pour ce qui concerne le stade Jean-Bouin, la réalisation sera, comme pour l’Hôtel-de-Ville, repoussée de quelques décennies. Un premier stade est construit en 1935, au centre de la commune. La municipalité le dédie à la mémoire de l’athlète français Jean Bouin. Né à Marseille en 1888, Jean Bouin devient champion de course à pied pour l’épreuve des dix mille mètres en 1913. Il est tué sur le front l’année suivante. Dans les années soixante, le stade est rénové et André Lurçat réalise la salle des sports et les tribunes en 1967. Puis, le stade est doublé d’un vaste complexe sportif réalisé par tranches successives et inauguré en 1970.

« Pour réparer du temps l’irréparable outrage »

Les années ont passé sur les ensembles de logements collectifs réalisés à Blanc-Mesnil en général et pour ceux d’André Lurçat en particulier. Afin de réparer les outrages du temps, la Ville a inscrit dans le cadre du PRU (Programme de Rénovation Urbaine) un périmètre qui s’étend de l’avenue Paul-Vaillant-Couturier à l’avenue Surcouf englobant, notamment, le quartier Danièle-Casanova-Qinze-Arpents-Voie Verte.

Dans ce projet, le PRU engage de nombreux partenaires comme la Ville, l’Etat et les bailleurs, qui travaillent en concertation avec la population. Si, malheureusement, il est impossible de conserver la cité Danièle-Casanova qui doit être entièrement détruite puis reconstruite, deux des cités de Lurçat vont être réhabilitées. Les 216 logements de la cité Voie Verte, propriété d’Emmaüs-Habitat, vont être remis aux normes pour les sanitaires, l’électricité, la distribution du gaz, de l’eau chaude et la thermie. Façades, toitures et parties communes seront également mises en conformité. Enfin, les espaces extérieurs devraient être aménagés. La seconde réhabilitation concerne les 250 logements de la cité des Quinze-Arpents. Malgré des travaux réalisés régulièrement par le propriétaire bailleur, l’Opievoy, une réhabilitation lourde s’impose. Là aussi, des mises aux normes seront effectuées.


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