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Les beaux dimanches au jardin


Laïcs et catholiques sociaux rivalisent

L’essor des jardins ouvriers dans des zones déjà surpeuplées doit beaucoup au dynamisme de quelques hommes qui se dépensent sans compter pour leur groupe ou leur association. Il peut s’agir de prêtres, comme le chanoine Dillenseger à Saint-Ouen, ou de laïcs, comme le groupe de Pantin créé, en 1905, par les membres du patronage « La Gauloise ».

 En juin 1925 est fondé le Syndicat des Jardins Ouvriers de Pantin-Aubervilliers qui deviendra, par la suite, L’association des Jardins Familiaux de Pantin-Aubervilliers, dont le siège se trouve à Pantin. L’Association des jardins familiaux de Pantin-Aubervilliers dispose, en 1930, de 356 parcelles.

Face au succès de cette première association proche des catholiques sociaux, créée sous l’égide d’un comité de patronage catholique de Pantin, le député socialiste d’Aubervilliers, au lendemain des élections de 1924, créé une seconde association de jardins ouvriers, laïque celle-fois, en 1935 : la Société des Jardins Ouvriers des Vertus. Son nom fait référence au passé maraîcher de la commune, du temps où la plaine des Vertus produisait des choux Milan Gros des Vertus et des oignons Jaune paille des Vertus. Alors que les promoteurs de la première accordent aux jardins ouvriers la fonction de remède contre l’alcoolisme, le siège social de la seconde est installée dans un café, d’abord au bar « Au bon accueil », 211 avenue Jean-Jaurès, puis à « L’hirondelle » !

Le dimanche au jardin

Les lots se répartissent de part et d'autre d'une allée centrale. Ici et là, des venelles sinueuses s’enfoncent au creux de bosquets sentant le lilas, et longent des clôture grillagées encombrées de liseron et percées de petites portes conduisant aux jardins. Les lopins y sont cultivés, entretenus, choyés, entourant des cabanes disparates et des bidons en plastique bleu dans lesquels l’eau de pluie est récupérée. Le dimanche, la famille déjeune sous la tonnelle le long de laquelle courent les rosiers grimpants. Tous entourés de treillages, ils contiennent effectivement, pour la plupart d'entre eux, une tonnelle.

La cabane, pompeusement appelée la « tonnelle », est un élément important dans le jardin. La tonnelle est l’abri que le jardinier a construit lui-même sur sa parcelle. Elle n'est certainement pas anodine et sa fonction et son utilité sont telles que dans certaines associations le jardin n’est accordé qu'à la condition que la famille y élèvera une tonnelle. « L'été, la tonnelle devient le lieu de réunion de tous. On y prend le repas du soir, surtout le dimanche, et l'ouvrier perd ainsi l'habitude du cabaret et des mauvaises sociétés » déclare l’administrateur d’une association de la banlieue sud (au Kremlin-Bicêtre).

Certaines de ces tonnelles sont décorées (ou cachent leur misère) sous un entre-lac de lierre, rosiers grimpants, capucines ou autres haricots d’Espagne. D’autres, plus élaborées, possèdent un endroit pour les outils, et, à côté, des bancs, une table, des chaises empilées, une étagère ou un coffre pour ranger la vaisselle, voire un hamac. Certains jardiniers reproduisent, avec leur tonnelle, une maison en miniature avec fenêtres et terrasse en bois.

Il existe une décoration particulière aux cabanes des jardins ouvriers où sont entassés, pêle-mêle, les outils de jardins, les chapeaux de paille et la vaisselle ébréchée : tête de baigneur en celluloïd plantée sur un manche à balai, fleurs en plastique, nains de jardins ou autres personnages en terre cuite, cuvette percée oubliée là, images pieuses et trophées emplumés, souvenirs du stand de tir de la dernière kermesse. À côté d’une brouette en bois, un homme contemple la terre grasse fraîchement remuée, crache dans ses mains, empoigne la bêche et se remet au travail.

Chaque année, la fête des jardins ouvriers fait le plein de participants et de spectateurs. Ces fêtes gardent longtemps un caractère religieux et sont accompagnées de processions, messes, chorales, séances théâtrales et chansons enfantines. La fanfare participe également à la fête. À Saint-Ouen, où le groupe de jardins est administré par les Conférences de Saint-Vincent-de-Paul (dénomination d’origine de l’actuelle confédération), la fête des semences célébrée au printemps et la fête des récoltes, célébrée en automne le jour de la saint Fiacre, patron des jardiniers et des maraîchers, le curé de la paroisse, le vicaire, les dames catéchistes et les hommes d’œuvres sont invités. Une Reine des jardins est parfois désignée comme à Saint-Ouen ou à Pantin. Ces fêtes permettent aux œuvres de se faire connaître et de s’implanter dans les communes au sein des œuvres sociales déjà existantes.


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