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L'archéologie en Seine-Saint-Denis


Les fouilles menées depuis plusieurs dizaines d'années sur l’actuelle Seine-Saint-Denis ont mis à jour des vestiges qui témoignent d’une occupation très ancienne sur le territoire. Sur ce petit espace, les atouts agricoles, climatiques et de situation sont réunies pour que des populations s'y fixent depuis la préhistoire et pour que la région se développe remarquablement à partir de l’époque gauloise.

La richesse archéologique de la Seine-Saint-Denis

Plus de 400 sites archéologiques ont été recensés sur le territoire de la Seine-Saint-Denis. Ces sites sont autant de témoignages de toutes les époques, de la préhistoire au début du XIXe siècle. Deux communes font figure de joyaux au sein de ce patrimoine par le nombre de leurs sites, parce que les plus fouillées : Tremblay-en-France et Saint-Denis.

Tremblay-en-France témoigne par sa richesse archéologique de la relative continuité de l’occupation humaine depuis la fin du paléolithique. 20 % des sites archéologiques du département se trouvent sur son seul territoire.

D’autres communes conservent dans leur sous-sol des trésors archéologiques. Parmi eux , on compte l’agglomération antique découverte à Gournay-sur-Marne, les vestiges de faune du paléolithique trouvés dans les sablières de Montreuil en 1860, les sépultures néolithiques mises au jour à Neuilly-sur-Marne, ou bien encore le dépôt d’armes et d’objets de parure de l’âge de bronze de Pantin. Ce sont deux bifaces, exhumés respectivement à Neuilly-sur-Marne et Noisy-le-Sec, qui constituent actuellement les plus anciennes traces de la présence de l’homme dans le département. Vieux de 300 000 ans, ils sont les témoins du plus ancien type humain connu en Europe, l’homo erectus.

Des sites archéologiques qui racontent l'histoire de la région

La découverte d’outils attribuables aux chasseurs du paléolithique moyen, les hommes du Néandertal (vers - 150 000 à - 30 000 ans avant notre ère), témoigne d’une occupation sporadique à Clichy-sous-Bois, Saint-Ouen, Tremblay-en-France et Villepinte. Les pierres polies découvertes en 1960 sur le site des Bosquets à Montfermeil indiquent une profonde maîtrise du travail du silex.

Avec l’âge du bronze, puis du premier âge du fer (1800 à 500 avant J.-C.), la maîtrise de la métallurgie modifie profondément le rapport des communautés agricoles à leur environnement. Des vestiges d’habitat de l’âge du bronze et l’âge du fer, la période dite de Hallstatt ; Gournay-sur-Marne et Saint-Denis, pour les deux périodes. L’une des caractéristiques de l’âge du bronze consiste en l’enfouissement volontaire d’objets usagers ou brisés. Un de ces dépôts, date d’environ -950/-750, a été découvert à Pantin. De plus, les nombreux dragages de la Seine effectués dans la seconde moitié du XIXe siècle ont livré nombre d’armes et d’outils.

L’affirmation de la civilisation gauloise en Seine-Saint-Denis inaugure un cycle historique de 1500 ans qui engendre une forme particulière d’aménagement du territoire, comme en témoignent les habitants de Bobigny et de Saint-Ouen.

Quelques découvertes isolées à Clichy-sous-Bois, Villepinte, Aulnay-sous-Bois, La Courneuve, mais surtout les fouilles importantes de Saint-Ouen, Bobigny et Gournay-sur-Marne, témoignent d’une densification notable de l’habitat à partir du IVe siècle avant J.-C. À Saint-Ouen, plusieurs silos creusés dans le sol suggèrent la présence en ces lieux de l’une de ces fermes isolées qui constituent alors la cellule de base de l’organisation spatiale.

En revanche, à Bobigny, la présence d’un mobilier archéologique abondant et de qualité semble plutôt indiquer l’existence d’une résidence aristocratique, voire d’une véritable agglomération. La présence d’une agglomération est également probable à Gournay-sur-Marne. Enfin, à Dugny, un vaste enclos aménagé entre 120 et 20 avant J.C., près du ru de La Mollette, témoigne d’une tradition d’élevage, qui perdurera à cet endroit jusqu’au XIXe siècle.

Le site archéologique de la Vache-à l'aise à Bobigny

En 1994, la mission départementale d’archéologie repérait, lors de l’examen d’une tranchée à Bobigny, non loin de l’hôpital Avicenne, un fossé d’importantes dimensions. Après deux campagnes de fouilles, un premier constat s’impose : le site de fouilles archéologiques de la Vache-à-l’aise correspond à un habitat gaulois datable des années 200 aux années 125 avant J.C. Cette découverte permet de penser qu’il n’est pas impossible que cet endroit eut une occupation continue depuis la fin du IIIe ou le début du IIe siècle avant J.C. La "vedette" des fouilles de la Vache-à-l’aise est une sculpture anthropomorphe en chêne) longueur conservée : 1,45 m, 2,32 restituable).

Les sites archéologiques révèlent l'évolution du territoire

La conquête de la Gaulle par César entre 58 et 50 avant J.C., aboutit à une profonde réorganisation de l’espace. À l’époque romaine, les campagnes de la Seine-Saint-Denis, profondément humanisées, connaissent une densité d’occupation qui ne sera à nouveau égalée qu’au XIIe siècle.

À Tremblay, des thermes, édifiés après 125 ont été découverts. Intégrés dans une grande villa, ils comportaient plusieurs pièces munies de dalles calcaires et d’enduits peints. Des piscines étaient chauffées par le sol et les murs.

Des sépultures du IVe siècle, mises au jour à Drancy, témoignent de l’évolution des pratiques funéraires à la fin de l’Antiquité : l’incinération cède la place à l’inhumation. Un sarcophage bipartite contenait, outre le corps du défunt, plusieurs poteries. Des dépôts similaires étaient associés à d’autres inhumations pourtant pratiquées dans de simples cercueils de bois, voire en pleine terre. L’une d’entre elles a ainsi livré un gobelet et une coupe sigillés importés des ateliers de l’Argonne.

La présence d’un gué à Gournay-sur-Marne explique sans doute l’établissement d’une agglomération associée à un port. La presque totalité des vestiges mis au jour est antérieure à 100 après J.-C. Si certains sites antiques sont encore occupés durant le haut moyen-âge (Tremblay, Bondy, Saint-Denis, Aulnay, Clichy), la plupart sont cependant abandonnés. Le resserrement général de l’habitat n’exclut toutefois pas des créations dont beaucoup sont à l’origine des villages médiévaux.

À l’occasion des fouilles effectuées autour et à l’intérieur de l’église Saint-Lucien à La Courneuve, plusieurs dizaines de sarcophages mérovingiens décorés ont été exhumés. Ces sépultures en plâtre (caractéristiques de l’Île-de-France) attestent de l’existence d’une communauté chrétienne à cet endroit dès le VIIe siècle.

La ville de Saint-Denis

Au nord du Département, les terroirs sont rapidement intégrés au patrimoine de l’Abbaye de Saint-Denis qui, à l’époque médiévale, est le premier propriétaire foncier de l’Île-de-France. Ses domaines, les villae, où dominent la céréaliculture et la viticulture font déjà office d'exploitations modèles.

La révolution industrielle du Moyen Âge donne (presque) à notre région sa physionomie actuelle, grâce aux grands défrichements du XIe au XIIIe siècle. La région aux sols fertiles est essentiellement consacrée à l’approvisionnement de Paris. Ses forêts, comme la forêt de Bondy, fournissent en abondance bois de chauffage et  de charpente. La renommée du lieu repose sur aussi sur la ville de Saint-Denis, célèbre par sa basilique où sont inhumés la plupart des rois de France depuis Dagobert.

Saint-Denis, ville médiévale, construite autour de la prestigieuse abbaye mérovingienne, est aussi réputée pour son industrie du drap et sa foire du Lendit qui attire, au mois de juin, la foule des Parisiens et de nombreux marchands étrangers, comme les drapiers flamands.


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