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Colombiers, pigeonniers et moulins de Seine-Saint-Denis


Qu’ils aient eu un rôle utilitaire, décoratif ou de loisir, les colombiers, pigeonniers et moulins sont toujours le signe de la présence ancienne d’un fief seigneurial.

Le pigeonnier le plus ancien date du XIVe siècle

Intégrés dans un parc, une ferme ou isolés, pigeonniers et colombiers sont encore relativement bien présents dans le paysage de l’actuelle Seine-Saint-Denis. Le droit de pigeonnier était accordé à un propriétaire d’au moins trente-six arpents de terre alors qu’un colombier demeure un privilège nobiliaire. À Bondy, un colombier semble exister depuis le XIIIe siècle. Mais il est plus probable que celui que l’on peut voir, 4 cours de la République, construit en moellon enduit de plâtre, date du XVIe ou du XVIIe siècle.

En fait, le plus ancien pigeonnier encore debout dans le département a été construit au XIVe siècle. Il se trouve dans la cour de l’ancienne ferme de Ville-Evrard, transformée en asile, à Neuilly-sur-Marne, et devait être exploité par le propriétaire fermier de l’endroit. Le pigeonnier du XVIIIe siècle, visible dans l’enceinte de l’ancienne mairie ou des anciens combattants, rue Mulot, était situé dans le vaste parc entourant le château des seigneurs d’Epinay lorsque le marquis du Terrail l’acquiert.
C’est le vice-amiral Elysée de Court qui, faisant réaménager le parc du château de Gournay-sur-Marne, au milieu du XVIIIe siècle, remplace le vieux pigeonnier édifié près du bâtiment par deux colombiers placés aux angles de l’ancienne cour d’honneur. Il ne reste aucune trace du colombier seigneurial de Montfermeil, en revanche, on peut toujours apercevoir les tourelles destinées jadis à abriter les pigeons. Construit vers 1850, celui du 5 rue Agard, de forme hexagonale, a été restauré et transformé en resserre dans les années cinquante.

Les ailes du moulin de Montfermeil

Moulin du Sempin à Montfermeil - 93L’activité céréalière du département généra la construction de nombre de ces édifices. Lieu de sociabilité, le moulin où l’on se retrouvait pour faire moudre son grain, est l’occasion de rencontres amicales ou amoureuses. La première révolution industrielle date du Moyen-âge. Cette période développa plus qu’aucune autre, dans toute l’Europe et dans tous les domaines, l’usage des machines. Si l’Antiquité connaissait aussi les machines, elle n’en fit qu’un emploi limité. Le Moyen-âge s’en servit souvent pour remplacer le travail forcé des esclaves (l’esclavage ne commence à disparaître qu’après Charlemagne puisqu’il devient interdit de réduire un chrétien en esclavage. Cependant, à l’image de l’esclave, un serf, dépendant total du seigneur, est un « non-libre » de naissance).

Les seigneurs féodaux les utilisent comme source de revenus : lorsqu’ils possèdent un moulin banal (droit féodal qui s’appliquait le plus souvent au moulin, au pressoir et au four), les habitants sont tenus d’y moudre leurs grains moyennant redevance. Les moulins deviennent des lieux de contacts et de rencontre lorsque citadins et campagnards viennent y moudre leur grain. Les rassemblements sont importants provoquant de longues files d’attente. Les prostituées circulent dans la foule pour y recruter leur clientèle. Déjà au XIIe siècle, saint Bernard, scandalisé par l’activité des filles de joie, menace de faire fermer les moulins.

S’il ne reste que des traces de l’ancien moulin de La Ville, construit au XIe siècle à Aulnay-sous-Bois, dans les bâtiments du Protectorat Saint-Joseph, celui de Montfermeil, en revanche, a été entièrement rénové. Moulin banal, édifié en 1740 par le seigneur de Montfermeil, Jean Hyacinthe II Hocquart, le moulin commence à se dégrader après la Révolution. Les ailes cessent définitivement d’actionner la meule en 1840. Tout au long du XXe siècle, l’ancien moulin banal, aux noms successifs de Moulin-Tour, moulin aux Cailloux, moulin du Manchot, moulin de la Galette et enfin, moulin du Sempin, continue à se détériorer, miné par un sous-sol de carrières. À la limite de la ruine, il est sauvé in extremis, en 1986, grâce à l’Association de Sauvegarde du Moulin de Montfermeil. Démonté pierre par pierre, il est remonté à l’identique cent quarante mètres plus loin. Les carrières de gypse qui menaçaient de l’anéantir sont comblées et, deux ans plus tard, le moulin et son site sont réhabilités.
Le mécanisme intérieur a été remis en fonctionnement et les ailes du moulin de Montfermeil tournent à nouveau au gré du vent. Chaque fin de saison estivale, la farine nouvelle de Montfermeil y est recueillie.


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