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L'école de plein air de Pantin


Destinées dans un premier temps à de jeunes pré-tuberculeux, les écoles de plein air s’ouvrent après la Première guerre mondiale à des enfants atteints de déficience physique, parfois même mentale, et habitant des quartiers défavorisés. Pédagogues, médecins et architectes s’associent pour concevoir un cadre spécifique alliant pédagogie et soins. Solution moins onéreuse que la construction de préventoriums, les écoles de plein air bénéficient de subventions de l’Office public d’hygiène sociale (l’OPHS) et de l’Etat. L’emplacement du terrain est choisi avec précaution et l’école ne peut y être implantée qu’avec l’accord de l’OPHS : il doit être accessible du centre-ville, éloigné des usines, surélevé et bien aéré.

Deux écoles de plein air en Seine-Saint-Denis

 L’école de plein air de Suresnes, conçue de 1934 à 1935 par les architectes Eugène Beaudoin et Marcel Lods, en est le plus bel exemple. Deux écoles de plein air sont installées en Seine-Saint-Denis. La première, celle de Bagnolet, est implantée sur un terrain de 3000 m2 planté d’arbres, entre l’ancienne rue de la Noue et la rue Karl-Marx à l’un des endroits les plus élevés des buttes de Bagnolet (110 mètres). Les enfants sont accueillis dès 1925 dans une tente-abri puis, en 1929 dans un hangar en bois. L’école de plein air de Bagnolet n’a pas survécu à sa fermeture durant la Seconde Guerre mondiale.Le second de ces établissements s’ouvre à Pantin, 30 rue Méhul. L’école de plein air pantinoise est conçue par l’architecte municipal Florent Nanquette et réalisée en 1932-1933. L’ancien parc de la Seigneurie, sur le plateau de Romainville, est alors reconnu comme suffisamment bien exposé pour accueillir les « malades pulmonaires » et « l’élevage des nourrissons ». L’établissement construit par Nanquette remplace une école de plein air provisoire existant à cet endroit depuis 1923 et peut accueillir 320 élèves.

Le projet de Florent Nanquette s’articule autour d’un bâtiment en forme de E, ouvert sur le sud afin de bénéficier d’un ensoleillement maximum. La barre verticale du E abrite les huit classes tandis que les trois barres horizontales contiennent le réfectoire et la cuisine pour l’une, la salle d’exercices et de jeux pour la deuxième, le dortoir et les douches pour la dernière. La cour, protégée du vent par les barres, offre un espace de jeux idéal pour les enfants. Les salles, de plain-pied sur le jardin, s’ouvrent par une grande baie vitrée pouvant se rétracter en sous-sol durant la belle saison. Le système de ventilation intérieur est conçu de manière à éviter toute stagnation. Contrairement à Beaudoin et Lods à Suresnes ou Lurçat à Villejuif, Florent Nanquette ne s’inspire pas du vocabulaire moderne. L’entrée coiffée d’un lourd pignon et la vaste rotonde-préau se rapprochent de l’architecture vernaculaire où la monumentalité des éléments architecturaux marque fermement leur empreinte dans le tissu urbain.

Après avoir construit l’école de plein air, Florent Nanquette complète l’ensemble par une cité HBM (1937) au 32 de la rue Méhul. Il a également construit à Pantin la maison de retraite. Architecte réputé à son époque, Nanquette a réalisé le groupe scolaire Virgo Fidelis (1928) et un ensemble d’HBM (1934) à Montreuil-sous-Bois et a conçu de nombreuses autres réalisations en banlieue parisienne. Victime d’un incendie, en 1993, l’intérieur de l’école de plein air de Pantin a été depuis entièrement restructuré. Aujourd’hui école maternelle, l’ancienne école de plein air de la rue Méhul a été classée monument historique en 1997.


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