seine saint denis

Le gisant

Le gisant est une sculpture représentant un personnage allongé. Le mot "gisant" vient de gésir "être allongé". L'objectif de cette statue funéraire est, à l'origine, de rappeler le défunt au souvenir des vivants. Cependant, les enjeux autour de ces représentations pourront prendre un tour politique selon les époques.

Le gisant variera également dans ses représentations au gré des évolutions techniques de l'art funéraire et des changements culturels et symboliques autour de la mort.


Ecoutez la chronique du journaliste Denis Lemarié : Ils ont fait Paris et sa région : les gisants de la basilique de Saint-Denis - rencontre avec Serge Santos Echeverria, l’administrateur de la basilique cathédrale


Photo de deux gisants, Childebert, au premier plan, Clovis au second, situé dans le choeur. Le gisant de Childebert, fils de Clovis, provient de Saint Germain des Prés. C'est le plus ancien conservé dans la France du Nord, il a la particularité d'être un méplat. Celui de Clovis a été réalisé au XIIIe siècle pour l'abbaye parisienne de sainte Geneviève. P.Lemaître © CMN.
Les gisants de Childebert, au premier plan, et de son père Clovis, au second, situés dans le chœur.
© Pascal Lemaître - Centre des monuments nationaux.

On trouve plus de 70 gisants à Saint-Denis. Outre les quatorze gisants de la commande de Saint-Louis, on trouve à Saint-Denis de nombreux tombeaux de Capétiens : Philippe III le Hardi, Isabelle d'Aragon, Philippe IV le Bel, Louis X le Hutin, Jean Ier le roi enfant.

Détail du tombeau d'Isabeau de Bavière. Pascal Lemaître © Centre des Musées Nationaux.
Détail du tombeau d'Isabeau de Bavière.
© Pascal Lemaître - Centre des Musées Nationaux.

On trouve aussi des tombeaux de Valois : Philippe VI de Valois, Jean II le Bon, Charles V, Charles VI, Isabeau de Bavière. On trouve encore des sculptures de princes ou de rois provenant d'autres lieux : Clovis, Childebert, Frédégonde, Charles d'Anjou, les ducs d'Orléans, mais aussi des tombeaux de serviteurs de la monarchie : Du Guesclin, Louis de Sancerre.

Gisant de Bertrand Du Guesclin (1320 -1380), connétable de Charles V. Cette inhumation est l'une des premières d'une liste de dix grands serviteurs de la royauté. Cette sculpture est l'oeuvre de Thomas Privé et Robert Loisel, elle montre un chevalier portant épée et écu. P.Cadet © CMN
Bertrand Du Guesclin, l'un premiers gisants non royaux à avoir été sculpté pour la basilique Saint-Denis. © Patrick Cadet - Centre des monuments nationaux.

Les gisants de la Basilique Saint-Denis

Alors que les gisants du XIIIe siècle sont quelque peu hiératiques, les gisants de Philippe III le Hardi, de Philippe IV le Bel et surtout celui d'Isabelle d'Aragon, belle-fille de Louis IX (Saint-Louis), développent une image plus réaliste qui, peu à peu s'imposera.

Aux pieds des gisants de femme, le plus souvent, on trouve fréquemment des chiens, signe de fidélité. Mais cette fidélité représente plutôt celle du chien-guide dans les royaumes souterrains de la mort. Le lion, souvent aux pieds des hommes, représente la puissance, la force, mais aussi la Résurrection, car une légende assurait que le lionceau n'ouvrait les yeux que trois jours après sa naissance.

Gisant de Jean Ier Posthume (1316), dynastie capétienne. P.Lemaître © CMN
Gisant de Jean Ier Posthume (1316), dynastie capétienne. © Pascal Lemaître - Centre des monuments nationaux.

Les gisants au Moyen Âge

Au Moyen Âge, on réalisait généralement trois gisants : un gisant d'entrailles, un gisant de cœur et un gisant de corps. Le roi était ainsi honoré par trois tombeaux. Cette multiplication des sépultures résulte des difficultés de conservation des corps lors de leur transport.

Après le décès, on ouvre le ventre du défunt et on en retire les viscères. Puis on procède à l'ablation du cœur. On identifie un gisant de cœur par la présence d'un petit cœur sculpté dans la main gauche du personnage et un gisant d'entrailles par la présence d'un petit sac dans une main.

À Saint-Denis, se trouvaient les gisants les plus nobles, les gisants de corps. Les techniques de conservation des corps étaient rudimentaires au Moyen Âge. Pendant le transport, on le recouvrait de sel, d'aromates et de vin qui jouait alors un rôle d'antiseptique. Plus surprenante fut la coutume, notamment utilisée pour Saint Louis, qui consistait à faire bouillir le corps afin de séparer les chairs et les os. Lorsque le souverain mourut de la dysenterie à Carthage, les chairs du saint roi furent enterrées à la cathédrale de Monreale, en Sicile et les ossements transportés à Saint-Denis. Du col de la Chapelle, située au Nord de Paris, jusqu'à l'abbaye royale, Philippe III le Hardi transporta sur ses épaules les cendres de son père ; un parcours qui sera plus tard jalonné de sept stations de pèlerinages identifiées par des croix et des sculptures royales, les Montjoies.

Gisant de Jeanne de Bourbon (morte en 1377), épouse de Charles V. Il s'agit du seul exemple de gisant d'entrailles à la basilique, reconnaissable par le petit sac sculpté dans la main gauche du personnage. Ce gisant a été ramené du couvent des Célestins de Paris après la Révolution, celui originellement en place à la basilique a été détruit à la Révolution. P.Lemaître © CMN
Gisant de Jeanne de Bourbon, seul exemple de gisant d'entrailles à la basilique, reconnaissable par le petit sac sculpté dans la main gauche du personnage. © Pascal Lemaître - Centre des monuments nationaux.



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