seine saint denis

Orgue de la basilique-cathédrale de Saint-Denis

Orgues de la basilique Saint-Denis Photo © Gérard MonicoLa première mention d’un instrument dans la basilique de Saint-Denis est certifiée dès 1506. En 1604, il fut remplacé par un nouvel instrument construit par Jean Carlier de Laon. Entre 1690 et 1700, un troisième orgue plus important est édifié. Le buffet est peut-être l’œuvre de Robert de Cotte (1656-1735) architecte de la chapelle de Versailles et chargé de reconstruire à la même époque, le bâtiment de l’abbaye de Saint-Denis.

Pendant La Révolution, il est démonté pour être conservé au futur Conservatoire des Arts et Métiers fondé par l’Abbé Grégoire. Malheureusement, l’ensemble disparut et ne fut jamais retrouvé.

En 1806, alors que Napoléon décidait de restaurer la basilique, on envisagea de reconstruire un orgue. En 1836, l’Architecte en Chef de la basilique, François Debret (1777-1850) dessina le buffet actuel. La structure du buffet est réalisée par le maître-menuisier André Bouxin et sculptée par Blois et Brun.

Le plus bel orgue classique français

De dimension importante, Il comporte une tourelle centrale très élevée, et deux tourelles carrées surmontées de clochetons dont les galeries et les pignons portent des statues d’anges musiciens.

Adolphe Thiers nomme alors une commission chargée de choisir le facteur d’orgues. C’est le jeune Aristide Cavaillé-Coll (1811-1899) qui sera retenu. C’est en famille, (son père et son frère le rejoignent) qu’il va travailler à la réalisation d’un instrument exceptionnel.

De dimensions gigantesques, avec un nombre impressionnant de jeux de mixtures et de jeux d’anches, cet instrument s’imposera comme le plus bel orgue classique français, dans la tradition de ceux construits par les Thierry ou les Clicquot. Mais à cet art encore marqué par le baroque, il apporte une nouvelle esthétique annonçant les grands instruments de type symphonique.

La famille Cavaillé-Coll installe un atelier à paris, mais s’établit surtout dans la base des tours de la basilique où se construira l’essentiel de l’orgue. André Bouxin, maître menuisier et Antoine Sauvage, facteur d’orgue réaliseront les quatorze sommiers et les tuyaux en bois.

Dans un état général des travaux du 29 mars 1837, Aristide Cavaillé-Coll précise que l’orgue comporte cinq claviers et que 1394 tuyaux sur les 5206 qui le composent restent à monter jusqu’à la pose du buffet de l’instrument et de ses tuyaux de façade.

Trois années s’écoulent depuis la commande et l’instrument n’est pas en état de jeu car le montage des parties mécaniques et transmission des notes vers les sommiers aux nombreuses soupapes ne donnent pas satisfaction. C’est à cette période que Charles Spackmann Baker (1804-1879), facteur d’orgues anglais vient au secours avec son invention non encore brevetée du levier pneumatique qui sera utilisé pour la première fois à Saint-Denis. L’inauguration officielle eut lieu le 21 septembre 1841. Ce fut le point de départ de la célébrité d’Aristide Cavaillé-Coll.

En 1857, Aristide Cavaillé-Coll modifie légèrement la composition et la soufflerie est dotée de pompes à pied. En 1901, des travaux de restauration de l’orgue sont confiés à Charles Mutin qui augmente légèrement le nombre de jeux pour le porter à 69. Une restauration est effectuée entre 1983 et 1987, par les établissements Danion-Dargassies (pour la mécanique) et par les établissements Boisseau-Cattiaux (harmonie et accord). Les jeux ajoutés par Charles Mutin sont supprimés et le pédalier au Do conservé. Préservé presque intégralement dans son état d’origine, l’orgue de la basilique de Saint-Denis est sans doute l’un des plus beaux instruments de France.

Pierre Pincemaille est l’organiste titulaire des grandes orgues de la basilique-cathédrale de Saint-Denis depuis 1987.

Des concerts d'orgue gratuits dans la basilique Saint-Denis

Plusieurs dimanches par an, un concert gratuit aux grandes orgues est proposé.



Inscrivez-vous aux visites

Site par ID-Alizés