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La crypte archéologique, les origines de Saint-Denis

Vue de la crypte archéologique. Cette première section, jusqu'aux grilles, correspond à la zone de fouilles de Viollet-le-Duc. On peut distinguer, sur le mur gauche, au fond, les blocs de remploi antique, plus près la fosse de Denis et différents sarcophages de pierre de l'Antiquité Tardive. P.Cadet © CMN L’existence de la nécropole dans le sous-sol de la basilique est reconnue dès le XIXe siècle. En 1859, Viollet-le-Duc entreprend la première fouille d’importance sous le maître-autel ; l’architecte met au jour une série de sarcophages, mais l’on ignore ce qu’il advint du mobilier découvert.

Près d’un siècle plus tard, ces recherches reprennent dans une perspective plus scientifique. Entre 1953 et 1976, Édouard Salin et Michel Fleury fouillent plus d’une soixantaine de tombes. En 1974, l’architecte en chef A.-J. Donzet protège la fouille restée inachevée par une grille et met en valeur les vestiges qui subsistent autour de la fosse de Denis. Des vestiges appartenant à de multiples époques coexistent sur ce chantier de fouille.

Des blocs sculptés ont été retrouvés en remploi dans les fondations de l’édifice primitif de la basilique. Une frise de peltes (boucliers en forme de croissant) les décore ; elle a pu appartenir au mausolée d’un militaire gallo-romain édifié, vraisemblablement au IIIe siècle, dans un secteur plus ou moins proche du site de la basilique.

 Sarcophages en place, issus des fouilles de la crypte archéologique par M.Fleury. Le sarcophage de premier plan, au panneau de tête orné, est en calcaire de Tonnerre ; tombe 41 des fouilles de M.Fleury. J.Mangin © Document Unité d'Archéologie de la ville de Saint-Denis Cependant, la véritable histoire de Saint-Denis débute avec Denis, évangélisateur des Parisii, décrit par Grégoire de Tours comme l’un des sept évêques missionnaires de la Gaule ; vers 250, il aurait subi le martyre à Paris, lors d’une persécution des chrétiens. Une fosse retrouvée vide, toujours visible au cœur de la crypte archéologique, correspond vraisemblablement à la tombe du saint. Dans le cimetière du IVe siècle qui s’est développé autour de cette sépulture, les corps reposaient dans des cercueils de bois ou dans des sarcophages de pierre dont plusieurs réutilisaient comme couvercle des couvre-murs romains. L’une de ces tombes renfermait une fibule cruciforme caractéristique de l’habillement des dignitaires de la fin de l’Antiquité gallo-romaine. Dans un habitat proche du cimetière, un atelier produisait des épingles en os.

La concordance temporelle entre ces tombes anciennes et l’édifice primitif (une construction de 9 m de largeur intérieure sur plus de 20 m de long) demeure controversée. Dans la Vie de sainte Geneviève, écrite vers 520, il est question d’une basilique construite vers 451-459 par l’aristocrate parisienne, devenue la patronne de Paris. Le sanctuaire, placé sous le vocable de saint Denis, donna naissance à un pèlerinage. L’afflux de visiteurs incita les bâtisseurs de la nouvelle basilique carolingienne à doter son abside, encore visible de nos jours, d’une crypte permettant aux fidèles de descendre dans un oratoire situé sous le maître-autel, pour prier devant les reliques vénérées.



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