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Rue des cités: quand Cannes soutient la création à Aubervilliers


  • Affiche rue des cités
  • Rue des cités
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Synopsis : Adilse a 20 ans. Plutôt taiseux et sûr de lui, il vit en banlieue. Sa vie se résume à glandouiller dans le quartier avec son meilleur pote Mimid, drôle et attachant. Ce jour-là, son grand-père a disparu. Adilse le cherche dans la cité. À travers leur parcours, on découvre un territoire souvent décrié, où l’appétit de vivre prend pourtant le pas sur le béton.

En 2004, un énième reportage télévisuel qui plaquait des idées reçues sur la banlieue a motivé Carine May et Hakim Zouhani à prendre la caméra. Leur envie est de montrer, avec et pour les albertivillariens, ce qu'est la vraie vie dans une ville de proche banlieue, une ville qui touche Paris mais qui n'utilise pas les mêmes codes. L'idée du film est de montrer la dureté de la vie, la galère, le vide mais aussi le rêve, la solidarité, l'entraide, la vie. Cette vie que l'on ne montre pas à l'écran, à laquelle on préfère la délinquance. Et comme le dit Didier Daeninckx dans le film, "Si on n'est pas dans l'imaginaire, on n'existe pas".

Les premières scènes sont tournées en 2008, et la première projection aura lieu en mai 2011, alors que l'étalonnage est à peine fini. Faire un film, sans budget, prend du temps. D'autant que nos deux réalisateurs travaillent en parallèle. Carine May est journaliste à France Inter puis institutrice à Aubervilliers. Hakim Zouhani est animateur socio-culturel à Aubervilliers où, entre autres, il éduque les jeunes à l'image.

Les acteurs sont tous d'Aubervilliers, sauf deux qui viennent de Pantin, ville voisine. Trois techniciens professionnels ont participé au film pour la prise du son et de l'image. Mais chaque fois, un jeune était derrière eux pour aider et apprendre. Tous ont accepté d'être payés après, quand les subventions arriveraient. Il en ressort un film collectif porté par toute une jeunesse. Le slameur Hocine Ben participe au film. Une autre façon de faire découvrir sa ville dont il tire l'énergie. Aubervilliers, ils sont tombés dedans quand ils étaient petits et ils en prennent le meilleurs pour créer, pour vivre de leur art et de leur engagement.

Première projection à Cannes, consécration pour ce premier film, reconnaissance pour cette trentaine de jeunes qui s'était déplacée au Festival. Le film scotche sur place Michel Gondry qui aime l'audace du scénario et la forme nouvelle de faire du cinéma qui lui "écarquille les yeux". Mi-fiction, mi-documentaire, en noir et blanc, les réalisateurs avouent leur influence: de Eli Lotar avec Aubervilliers en 1945 à Mathieu Kassovitz avec La Haine.

Le film est choisi pour la Sélection ACID à Cannes en 2011 (Association du cinéma indépendant pour sa diffusion). Il sortira le 5 juin 2013. Deux ans pour trouver un distributeur et légaliser le film, deux ans pour faire le tour des festivals, partager son film, faire des rencontres, parler d'Aubervilliers et des gens qui y vivent, qui y tombent amoureux, qui y travaillent, qui galèrent, qui créent...

C'est aussi à Cannes, en 2011, que Michel Gondry décida d'installer son usine du film amateur à Aubervilliers (projet finalement abandonné).

Des rencontres avec l’équipe du film ont été proposées dans les cinémas de Seine-Saint-Denis

Mercredi 22 Mai 2013 - 10:55

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