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L'église Saint-Leu-et-Saint-Gilles à Bagnolet


Eglise Saint Leu Saint Gilles de Bagnolet

La fondation de l’ancienne chapelle de Bagnolet serait contemporaine de la fondation de l’église parisienne érigée sous le même patronage en 1235. Son érection en paroisse daterait de la fin du 13e siècle. L’édifice actuel a été bâti en deux fois. Dans sa partie la plus ancienne, l’église comprend un vaisseau central flanqué de collatéraux, avec une chapelle peu saillante à l’extrémité sud-ouest du collatéral sud. Dans la partie orientale de l'édifice, on retrouve les initiales et les armes d'Henri II et de Diane de Poitiers, ce qui permet de dater la construction entre 1547 et 1559. Des contreforts, ces renforts de maçonnerie saillants et massifs élevés sur la face extérieure d'un bâtiment voûté et servant à contenir les effets d'une charge ou de la poussée des arcs et des voûtes, sont construits entre les travées du 16e siècle. La statue de Sainte-Anne date du XVe siècle.

Le projet de construction de la partie plus récente est attesté dès 1711. La date de 1750, inscrite au plafond de la troisième travée, indique la date approximative de la construction des trois travées occidentales ajoutées au XVIIIe siècle, mais sans contreforts cette fois. La façade principale et le clocher sont édifiés dans la seconde moitié du XVIIIe siècle. Le buffet d'orgue a été réalisé à la fin du XVIIIe siècle. Le plan cadastral de 1808-1812 indique, au sud-est du chevet, un terrain de 350 mètres carrés occupé par le cimetière. Des inhumations ont été observées, dans la coupe d'un sondage, à quatre mètres du chevet.

L’église Saint-Leu-et-Saint-Gilles a été inscrite aux Monuments historiques le 29 novembre 1977.

Une belle restauration due à la volonté municipale et au talent de restaurateurs !

L’église Saint-Leu-Saint-Gilles de Bagnolet a failli disparaître dans les années 1970 car le curé de l’époque n’envisageait pas qu’une réhabilitation en soit possible. C’est Jacqueline Chonavel, maire PC de la ville, qui a pris la décision de lancer la restauration de l’édifice. Malgré des subventions de l’État au titre du patrimoine, cette restauration a été lourde et couteuse. Elle s’est achevée en 2000, date à laquelle elle a été rouverte au culte. Puis, à partir de 2003 sous l’impulsion de deux conseillers municipaux, Michel Levacher et Marie-Victorine Nyangoh-Timoh, la municipalité, toujours avec l’aide de subventions, a entrepris de remettre en état quatorze vitraux, dont trois créations car, trop détériorés, ils ont dû être entièrement recréés, et dix grands tableaux. Pas moins de dix années ont été nécessaires pour ces restaurations de décor intérieur. En mai 2013, les deux derniers des dix tableaux, œuvres de trois mètres sur deux, sauvés par les restaurateurs du patrimoine, ont été réinstallés sur les murs de l’église. Les huit autres tableaux, dont une Mater dolorosa lumineuse et une copie d’une œuvre du Prado (le musée de Madrid) avaient préalablement été accrochés.

Un doreur sur bois, Jean-Pierre Galopin, s’est occupé des encadrements qui ont tous été refaits. Les dernières touches à l’encadrement de ces deux derniers tableaux ont été apportées, sur place, lors de l’accrochage, à l’entrée de l’église. Pour ce qui concerne la peinture, Martine Martin, a réalisé un très beau travail. « Certaines toiles déchirées ont d’abord dû être recousues et reprisées, explique-t-elle. Du coup, des pans entiers de peinture ont disparu. Sur certaines œuvres, j’ai dû recréer des bouts de tableau. » Martine Martin a travaillé à partir de photos noir et banc et elle a retrouvé les teintes d’origine grâce aux traces de couleurs encore présentes sur les tableaux. « La première difficulté a été d’enlever la crasse incrustée sur toutes les œuvres sans toucher à la peinture » précise-t-elle. Grâce à ces artisans, des artistes pourrait-on dire, l’église Saint-Leu-Saint-Gilles a retrouvé son lustre d’antan.

Qui sont Saint Gilles et Saint Leu ?

Saint Gilles l'Ermite est né à Athènes et a vécu en Provence au VIIe siècle. Légendaire moine gyrovague d'Occitanie mérovingienne (moine vivant seul, dans l’errance, et passant de monastère en monastère, sans être membre d’aucun), Gilles l’Ermite a été sanctifié par les Bénédictins au VIIIe siècle. Son histoire s'est souvent confondue avec sa légende et, situé sur le chemin de Saint Jacques de Compostelle, son tombeau a été un lieu de pèlerinage extrêmement fréquenté au Moyen Age. Saint patron des infirmes, des mendiants et forgerons, il était vénéré comme un des quatorze saints auxiliaires. Il est qualifié saint « auxiliator », au sens d'intercesseur, dans le domaine de l'épilepsie, la folie, la stérilité et la possession démoniaque. Plus prosaïquement, il favorise les déménagements et le mouvement vers l'émancipation ou la délivrance ! Son nom a été donné à de nombreux édifices religieux et à différents lieux.

Saint Loup ou Leu est né d’une famille illustre à Orléans vers 573. Sa réputation est telle qu’il est élu évêque de Sens. Si la majorité des Sénonais se réjouissent de ce nouvel évêque, doté de toutes les vertus, il suscite aussi des jalousies. Ses détracteurs l’accusent de trop aimer Verosia, la fille de son prédécesseur, mais Leu refuse de se défendre.  La légende veut qu’il ait réussi à repousser par sa seule prière les troupes ennemies qui tentaient d’envahir le royaume burgonde. Victime de calomnies, il est exilé par le roi en Neustrie, où il s'établit. Leu en profite pour convertir les populations locales et baptiser de nombreuses personnes. Mais l’évêque de Sens manque à ses ouailles qui demandent à Clotaire de le rappeler d’exil. Le roi, cédant à leur demande, rappelle Leu qui rentre à Sens. Il est plus vertueux que jamais et accomplit de nombreux miracles. Il meurt en 623, un 1er septembre, date à laquelle il est aujourd’hui honoré. On lui attribue encore des miracles sur son tombeau.

En région parisienne, les noms de Gilles l’Ermite et de Loup de Sens, ou Saint Leu, sont souvent associés pour la seule raison que les fêtes de ces deux saints ont lieu le même jour, le 1er septembre. Les deux hommes font également l’objet d’un dicton :

A la Saint-Loup, la lampe au clou
S’il pleut à la Saint-Gilles, ça dure jusqu’à Saint-Michel

Crédit photo : By Poulpy (Own work) [CC-BY-SA-3.0], via Wikimedia Commons

L'église Saint-Leu-et-Saint-Gilles à Bagnolet
86 rue Sadi-Carnot

93170 BAGNOLET
48.86999429999999 , 2.420113000000015
tel tel : 01 49 93 05 20
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L'église Saint-Leu-et-Saint-Gilles à Bagnolet, 86 rue Sadi-Carnot, 93170 BAGNOLET

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