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Le Malade Imaginaire au centre dramatique de La Courneuve


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Le Malade Imaginaire au centre dramatique de La Courneuve

Le centre dramatique de la Courneuve présente la pièce de Molière Le Malade Imaginaire mise en scène par Grégoire Tachnakian.

L'intrigue

La situation de cette comédie proprement dite renvoie au schéma type de la comédie classique : deux amoureux sont empêchés de se marier par un personnage qui a autorité sur eux. Ils finissent par triompher de tous les obstacles grâce à l’inventivité de quelques adjuvants et se marient à la fin. Ici, la décision de l’hypocondriaque Argan de marier, pour sa propre commodité, sa fille à un médecin, contrarie les amours naissantes et passionnées d’Angélique et Cléante. Béralde, le frère d’Argan, et surtout Toinette, sa servante, prennent fait et cause pour le jeune couple et par diverses manoeuvres assurent le triomphe de l’amour. A cette intrigue simple et qui rappelle le schéma des autres comédies de Molière, vient se combiner une deuxième intrigue, typique d’un scénario de commedia dell’arte, celle de la seconde épouse lorgnant sur l’argent d’un vieux mari prêt à déshériter ses enfants sous la houlette d’un notaire complaisant. Comme la plupart du temps chez Molière, la comédie mêle le registre grossier de la farce, dans les allusions scatologiques aux manifestations des intestins d’Argan, et des accents pathétiques, quand Argan croit sa petite fille morte, voire tragiques quand il se sent abandonné de tous et se voit à l’agonie. Une constellation familiale père, belle-mère, filles dont une enfant, frère du père, servante : voilà la maison d’Argan assidument fréquentée par un médecin et un apothicaire aux noms évocateurs de Purgon et Fleurant. Un notaire tout adonné aux intérêts de l’épouse Béline complète la constellation. De l’extérieur viennent deux prétendants, le pédant Thomas Diafoirus choisi par Argan, accompagné de son père, et l’élégant Cléante choisi par Angélique, dont la confrontation produit le comique. Cette comédie est proprement domestique et le conflit qui oppose les personnages est familial. Au conflit père-fille se superpose le conflit entre la belle-mère et la belle-fille. Contrecarrée dans ses projets et par un père qui désire la marier à l’homme qu’il lui a choisi et par une belle-mère qui désire l’envoyer au couvent, Angélique se trouve face à une situation doublement bloquée qui ne peut trouver d’issue que dans un coup de théâtre : le piège tendu à l’épouse par la mort feinte d’Argan. Désabusé mais toujours entiché des médecins, Argan se résout à marier sa fille à son amoureux au prix de ce qui constitue un deuxième coup de théâtre : la transformation d’Argan lui-même en médecin.

Un personnage de mono maniaque

Toute la pièce tourne autour d’Argan essentiellement préoccupé de l’état de ses selles. Or Argan n’est pas malade si ce n’est de la médecine qui soumet son corps à divers traitements et lavements débilitants. Argan serait-il alors un cas clinique, la description du mélancolique, celui que sa propre imagination abuse, malade imaginaire précisément, dépressif, hypocondriaque, redoutant tant la mort qu’il empoisonne sa vie et celle de son entourage ? Argan ne rejoint-il pas avant tout la galerie de portraits des obsessionnels que Molière dresse depuis le Jaloux dans l’Ecole des femmes jusqu’à l’Avare Harpagon, le Bourgeois qui se rêve Gentilhomme ou la Pédante dans Les femmes savantes ? Tous ces personnages n’hésitent pas à sacrifier le bonheur de leurs proches à leur propre obsession qui chasse en eux toute humanité et raison pour les livrer à l’égoïsme le plus odieux.

Un cas particulier

La collaboration de Molière avec Lully fut brisée lorsqu’à l’automne 1671, le musicien obtint le privilège à vie d’une « Académie royale de Musique », privilège qui lui donnait la haute main sur toute création où entrait la musique. Si Lully avait composé la musique du Malade Imaginaire, il serait devenu le propriétaire unique de l’ensemble de la pièce. Il fallait donc que Molière se tournât vers un autre musicien ; ce fut Marc-Antoine Charpentier avec qui il avait travaillé pour La comtesse d’Escarbagnas. De plus, la pièce du Malade Imaginaire ne fut pas représentée, comme les autres comédies-ballets, dans le cadre d’un divertissement royal, mais à la ville, pour le public parisien, au théâtre du Palais-Royal. On a longtemps pensé que Lully avait intrigué pour éliminer son rival auprès de Louis XIV. Si cette thèse reste vraisemblable, il est vrai aussi qu’après la création de l’Académie de musique et le privilège attribué à Lully, le Roi ne pouvait plus commander un grand spectacle de musique et de danse, pour le carnaval de 1673, à tout autre que Lully. Molière n’avait pas d’autre choix que de prendre acte du caractère irréversible du privilège de Lully : dans l’impossibilité de présenter dorénavant des comédies mêlées à la Cour, il choisit de présenter Le Malade Imaginaire à la Ville, ce que le Roi permit sans doute tacitement. D’ailleurs le public de la ville réclamait de plus en plus des spectacles qui étaient jusque là réservés à la cour. Les frais de la création furent énormes - il fallait payer les musiciens, les danseurs, le compositeur, le chorégraphe et le costumier - mais les recettes des quatre premières représentations furent à la hauteur des espérances.

Profitez de votre passage en ville pour ce classique du théâtre pour faire une balade à la Courneuve et découvrir son patrimoine industriel ou profitez-en pour faire une promenade dans le parc Georges Valbon.

Centre dramatique de La Courneuve
21 avenue Gabriel Péri

93120 LA COURNEUVE
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Centre dramatique de La Courneuve, 21 avenue Gabriel Péri, 93120 LA COURNEUVE

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