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Château du Raincy


Lorsque Louis-Philippe (1725-1785), duc d'Orléans, de Valois, de Chartres, de Nemours et de Montpensier, le petit-fils du Régent (son grand-père, Philippe d'Orléans a été Régent de 1715 à 1723, de la mort de Louis XIV à la majorité de Louis XV), acquiert le château du Raincy, en 1769, celui-ci devient l'un des séjours favoris de la maison d'Orléans. Des fêtes brillantes y sont organisées et le château y accueille pendant longtemps tout ce que Paris compte de beaux esprits comme Madame de Récamier.

Situé en forêt de Bondy, le domaine devient terre de grande vénerie

Le domaine se trouvant situé en pleine forêt de Bondy, très réputée pour son gibier, la chasse est depuis toujours l'une des principales activités de loisirs du parc seigneurial raincéen. Déjà, François 1er vient fréquemment chasser en forêt de Bondy et aime à se reposer dans le château de Villemomble, dont le parc est contigu à celui du Raincy. Louis Sanguin, propriétaire du château du Raincy en 1694 y donne des fêtes et des chasses réputées. En 1769, Louis-Philippe fait réaménagé le parc par un certain Pottier qui l'agrémente de cascades artificielles. Il y fait bâtir de nouvelles dépendances dont un chenil et une vacherie. Pottier conçoit ce chenil spécialement pour le duc qui est un passionné de chasse à courre.

Le domaine est confisqué comme bien national au moment de la Révolution française et passe aux mains de plusieurs propriétaires. Après la Révolution, l'un de ces acquéreurs, le financier Ouvrard, y organise lui aussi de grandes battues suivies de banquets somptueux qu'il évoque dans ses Mémoires en 1799. Au début du XIXe siècle, Napoléon acquiert le parc. Mais, lorsqu'en 1819, le domaine est restitué à la famille d'Orléans, le futur roi Louis-Philippe (1773-1850, fils aîné de Philippe Egalité), bien que vivant à Neuilly, vient régulièrement au Raincy. Au moment des émeutes de 1848, Monsieur Guinet, garde général du domaine, propose d'ouvrir les grilles afin de lâcher les daims et les cerfs, élevés en liberté dans le parc, pour disperser la foule. Cette initiative lui est heureusement refusée !

En septembre 1848, les chasses de la forêt de Bondy, incluant les parties boisées du domaine du Raincy, sont louées par adjudication publique. La vénerie subsiste encore un certain temps grâce à l'acquéreur du parc, Léon Bertrand. Celui-ci, grand amateur de chasse, dirige à Paris Le Journal des Chasseurs. Pourtant, les battues qu'il organise sont sans commune mesure avec les grandes chasses organisées par la famille d'Orléans qui ont fait la renommée du domaine.

Le hameau anglais à vocation sociale de Philippe Egalité

Vers 1787, le parc seigneurial avait été complètement repensé par l'Ecossais Thomas Blaikie qui l'avait transformé en jardin paysager, une mode arrivant de Grande-Bretagne. Blaikie s'applique à répartir bosquets et plantations tout en respectant les irrégularités du terrain, comme le veut la conception de ces parcs nouvelle manière. Des installations agricoles, une ferme mais aussi une ménagerie, sont intégrées au parc paysager. En héritant du château, Louis-Philippe Joseph, le futur Philippe Egalité (1747-1793), engage du personnel d'outre-manche pour gérer l'ensemble des plantations et activités du parc. Le personnel et leurs familles sont logés dans des maisons individuelles et autorisés à cultiver quelques arpents de terre pour leur propre compte. Progressivement, ce que l'on appellera le « hameau anglais » se constitue et la maison dite du régisseur (18 bis boulevard du Nord) en rappelle le souvenir. Du temps de Philippe Egalité, les employés vivent dans une espèce de vie communautaire indépendante qui, à l'époque, est perçue comme une idée novatrice. Les historiens qui, plus tard, se pencheront sur ce fonctionnement, parleront d'un concept de parc paysager à vocation sociale.

Les Tourelles, la pièce d'eau et le Pavillon de l'Horloge, derniers vestiges du domaine

Lorsque le château est rendu à la famille d'Orléans, en 1819, celui-ci est complètement détruit et les habitants doivent loger dans les quatre pavillons, appelés les « maisons russes », qui avaient été construits vers 1775-1780. Ils sont eux-mêmes dévastés en 1848, après la chute du roi. Le parc, déclaré propriété nationale, est loti à partir de 1854. La municipalité acquiert le domaine vers 1980. Il demeure peu de traces de ce parc en dehors de la maison du régisseur et de la pièce d'eau. Celle-ci est aujourd'hui intégrée dans le très joli parc du lycée Albert-Scheitzer. Citons aussi le pavillon de l'Horloge (7 boulevard du Nord), surmonté d'un clocheton, vestige d'une ancienne dépendance construite dans le parc ayant abrité, sous le Premier Empire, le général Jean Audoche Junot, duc d'Abrantès.

Enfin, l'ancien chenil, connu aujourd'hui sous le nom des « Tourelles » a été transformé en appartements résidentiels. Toutefois, au gré de ses promenades, le Raincéen attentif remarquera le chêne de l'allée des Acacias et le séquoia de l'avenue de Livry, seuls survivants des arbres du parc du château du Raincy.

Château du Raincy
2 / 4 rue Catulienne

93340 LE RAINCY
48.897386 , 2.5231119000000035
Château du Raincy, 2 / 4 rue Catulienne, 93340 LE RAINCY

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