Cet atelier spécialisé en facture et restauration d'accordéons, de bandonéons, de concertinas... a obtenu le label "entreprise du patrimoine vivant".
L'accordéon se compose des éléments suivants :
deux boîtiers ou caisses, de forme généralement parallépipédique, en bois, mais pouvant être aussi en matériaux synthétiques, vernis ou peints, recouverts de nacrolaque ou de celluloïd, pouvant être décorés de perles ou encore incrustés de nacre, d'os, d'ivoire... marquetés avec des essences de bois précieux (bois de rose, citronnier ...)
un soufflet qui, mis en mouvement de façon manuelle par l'utilisateur produit une colone d'air sans qu'il n'y ait toutefois de réservoir régulateur de pression. Ce qui fait de l'accordéon un instrument de musique expressif.
un clavier : moyen mécanique constitué d'un ensemble de touches de type boutons, piano, à palette ou autres, apparent ou non. En étant actionnées par la pression des doigts ces touches libèrent le courant d'air provoquant la mise en mouvement des anches libres métalliques situées dans la partie intérieure de la caisse de l'instrument.
des anches libres métalliques - coeur de l'accordéon - elles génèrent le son.
De façon générale on constate que le châssis peut comporter une ou plusieurs anches.
Le jeu d'anches contenu dans un même instrument - appelé "musique" - est fixé au moyen de colles, de cires, de clous et/ou de visses sur un support en bois appelé "sommier", qui est soit mobile, soit monté directement sur la table d'harmonie dans la caisse. Les anches doivent être réglées puis accordées.
Les différents types d'instruments
L'ACCORDÉON DIATONIQUE :
Dès le début du XIXème siècle l'anche libre métallique est associée dans la création de différents instruments de musique (exemple : l'orgue-expressif de GRENIER en 1810). C'est en 1829 qu'un fabricant d'orgues et de piano autrichien, Cyrill DEMIAN, demande un brevet pour un nouvel instrument de musique qu'il baptise : ACCORDION. Cet instrument est le résultat de la recherche d'une musique expressive et de la volonté de faire naître un instrument de musique portatif et polyphonique tout en utilisant le principe de l'anche libre métallique re-découvert en Occcident à la fin du XVIIIème Siècle.
L'ACCORDION est alors doté de 5 touches laissant entendre chacune deux accords différents, l'un à l'ouverture du soufflet, l'autre à la fermeture (sysème " tirez-poussez ").
A partir de 1829 l'ACCORDION de DEMIAN évolue rapidement vers l'ACCORDÉON DIATONIQUE tel que nous le connaissons aujourd'hui et qui, dès 1860, va se populariser et se répandre sur tous les continents. Sa production manufacturée en Allemagne et en Italie permet une large diffusion. C'est à cette époque qu'il est adopté par les musiques populaires en Europe, notamment.
Aujourd'hui l'ACCORDÉON DIATONIQUE, après une longue période d'oubli connaît depuis les années 1970 et le " mouvement folk " un regain d'intérêt.
LE MÉLODÉON :
Le MÉLODÉON est un accordéon diatonique du type des instruments qui ont existé vers la fin du XIXème siècle. Pourvu d'un clavier mélodique de 10 boutons et d'un clavier d'accompagnement doté d'une basse et d'un accord, organisé sur le principe tonique-dominante, le MÉLODÉON, de fabrication allemande à l'origine, possède 4 voix sur 3 octaves (basson - 2 flûtes - piccolo) ce qui lui confère une sonorité particulière. Vers 1885 la Louisiane adopte le MÉLODÉON et les musiciens cadiens créent rapidement un véritable style musicale avec ce " petit accordéon ", qui est également très répandu en Irlande et au Québec.
L'ACCORDÉON CHROMATIQUE :
L'ACCORDÉON CHROMATIQUE à boutons résulte de divers perfectionnements survenus au cours du XIXème siècle, perfectionnements qui vont parfois faire se confondre les systèmes, les appellations et vont même détourner de leur signification les termes désignant certaines parties de l'instrument. L'on situe à la charnière du siècle, vers 1900, l'appartition du système " chromatique ". En fait il s'agit de la disparition du système tirez-poussez au profit du système uni-sonore (quelque soit le sens du soufflet, la note obtenue par une même touche est identique). Paralléllement les claviers sont désormais organisés sur trois rangées chromatique pour le clavier chant et le clavier d'accompagnement est doté de touches donnant des basses et des accords composés majeurs, mineurs et septième. Ainsi l'accordéon peut jouer dans toutes les tonalités et trouvera sa forme et son modèle type vers 1920. Différents systèmes d'organisation des claviers subsistent encore aujourd'hui : système italien (le plus répandu), système belge système français...
C'est également au début du XXème siècle que l'accordéon trouve sa capitale (Paris), des lieux où il peut s'exprimer (à commencer par le quartier de La Bastille), un public qui fréquente les bals-musette (les auvergnats, les classes populaires) et fonde un genre : le musette.
L'accordéon à touches piano, variante de l'accordéon chromatique à boutons, possède un clavier de type piano au chant, et un clavier d'accompagnement identique à celui de l'accordéon boutons. L'accordéon piano est le système d'instrument le plus répandu à travers le monde.
L'ACCORDÉON DE CONCERT
Posséder un clavier d'accompagnement avec des accords préparés n'est d'un point de vue musical guère satisfaisant (renversement d'accord, hauteur de la ligne mélodique, abandon du système tonal...). Aussi dès le début du XXe siècle quelques précurseurs entendent développer l'accordéon pour en faire un instrument de concert. Ils expérimentent divers systèmes de claviers main gauche mélodique comportant des rangées de basses seules en plus des accords composés. L'ACCORDÉON DE CONCERT se distingue de l'ACCORDÉON CHROMATIQUE uniquement par la ou les différences de son clavier d'accompagnement. Tout comme l'avaient fait par le passé des compositeurs célèbres comme TCHAIKOWSKY, ou encore CHOSTAKOVITCH qui avaient écrit des oeuvres comportant des parties d'accordéon, l'ACCORDÉON DE CONCERT sous ses diverses formes interesse les créateurs contemporains et il s'installe alors dans des répertoires et des genres musicaux jusque-là réservés.
LES COUSINS DE L'ACCORDEON
LE CONCERTINA :
C'est également en 1829 que le chercheur-physicien anglais Charles WHEATSTONE donne naissance à un instrument nommé : CONCERTINA ; préfigurant ainsi l'ACCORDÉON DE CONCERT actuel.
Le CONCERTINA est le plus généralementde forme hexagonale et produit la même note sur une échelle chromatique quel que soit le sens du soufflet et, ce, sur les deux claviers mélodiques disposés symétriquement de part et d'autre du soufflet. Le compositeur le plus illustre s'étant interessé au CONCERTINA est sans aucun doute Hector BERLIOZ. Pourtant très abouti dès sa création le CONCERTINA ne connaÎtra pas l'essor de l'accordéon. Il existe également des concertinas diatoniques (système du tirez-poussez ou bi-sonore).Le CONCERTINA est essentiellement utilisé en Angleterre, en Irlande, en Écosse, ainsi qu'en Afrique du Sud... Mais il est connu aussi pour être l'instrument des clowns et des gens du spectacle.
LE BANDONÉON :
Né en 1840 en Allemagne, il doit son nom à un hommage à Heinrich BAND, marchand de musique et éditeur qui a contribué à populariser le KONZERTINA allemand d'où il est issu. De forme "carrée", doté d'un soufflet en 3 parties, il possède 2 claviers mélodiques qui produisent une gamme chromatique. La particularité du BANDONÉON provient de son timbre unique, sonnant comme un " cuivre bouché " main droite et un " bois " main gauche ; chaque touche produisant un son doublé à l'octave. Le clavier de la main droite sonne à une octave au-dessus du clavier de la main gauche. Il existe deux types de bandonéons : les modèles " chromatiques " (uni-sonores), dont on doit la création en 1924 à Louis PÉGURI (accordéoniste) et les modèles diatoniques (bi-sonores), modèles originels qui possèdent cependant une échelle chromatique.
Le BANDONÉON apparaît d'abord dans les temples protestants qui ne possèdent pas d'orgues et lors des processions religieuses. Il est utilisé pour les musiques à danser, notamment en Pologne. Au début du XIXème siècle, il est exporté vers l'Uruguay et l'Argentine où il est rapidement intégré à la musique tango ; Buenos Aires devenant dès lors la mère-patrie du BANDONÉON. Dans les années 1920, le BANDONÉON sera popularisé à PARIS qui découvre alors le tango. La très grande expressivité de l'instrument lui permet d'être tout aussi rageur que mélancolique. Aujourd'hui le BANDONÉON s'intègre également au jazz, à la variété ou encore à la musique contemporaine.