Symbole de la relation entre art et industrie, entre techniques traditionnelles de l’orfèvrerie de luxe et innovation, Christofle fait partie du patrimoine national.
Construite entre 1874 et 1876, l’usine de Saint-Denis, complémentaire du site parisien,
était originellement destinée à la fabrication des couverts. C’était aussi une usine de métallurgie dans laquelle était transformé le minerai de nickel : Christofle était la seule au monde à raffiner le nickel par voie chimique.
Le nickel est un métal très important pour Christofle ; c’est en effet la base de l’alliage de maillechort (cuivre, zinc et nickel) utilisé pour les couverts.
Le site de Saint-Denis fut choisi en raison de la proximité des voies de transport, essentielle pour l’acheminement du minerai de nickel : le terrain étant bordé à l’ouest par le chemin de fer du nord, à l’est par le canal et la route.
Après l’arrêt de l’activité « nickel », toute la production de Christofle est centralisée à Saint-Denis et l’usine regroupe plus de 1500 ouvriers.
Après la création d’une autre usine en Normandie, certaines activités sont délocalisées et Saint-Denis abrite essentiellement les Ateliers de Haute Orfèvrerie, qui fabriquent, à la commande, les pièces de prestige, suivant les méthodes traditionnelles de l’orfèvrerie. En 2006 Christofle cesse son activité dionysienne et vend son usine.
L’usine de Saint-Denis était un véritable conservatoire des techniques d’orfèvrerie
Le planage est la technique la plus ancienne de mise en forme d’une feuille de métal. Le planeur n’utilise aucune forme mécanique extérieure, mais uniquement celle de son poignet. Il pince et étire le métal entre des maillets et des marteaux de nature et de dimensions variées et des formes en acier (tas, bigornes). Son talent réside dans la régularité avec laquelle il martèle la pièce, obligeant le métal à se déformer avec une apparente facilité, l’assouplissant régulièrement par des recuits à 600°C.
Le tournage-repoussage, technique de déformation du métal à froid, s’effectue sur un tour horizontal où sont fixés successivement les mandrins, ronds ou ovales, généralement en bois et taillés par l’artisan. La matière première a la forme d’un disque de métal (flan) approprié aux dimensions de l’objet à réaliser. L’artisan déforme ce flan à l’aide d’outils appelés « cuillers » en plaquant le métal contre les mandrins tournant à 1000 tours minute. La forme définitive est obtenue par passes successives, entrecoupées de plusieurs recuits de la pièce à 600°C. pour supprimer l’écrouissage du métal qui, subissant une déformation, durcit et devient cassant. Dans le cas de certaines pièces piriformes au col plus étroit que le diamètre du col, on utilise un mandrin « brisé » afin de pouvoir l’extraire. Il s’agit d’une sorte de « casse-tête » constitué par des éléments juxtaposables qui se bloquent grâce à une « clé ». Après une mise en forme de la pièce, la « clé » étant retirée, les morceaux peuvent être sortis.
La gravure et la ciselure
Ces deux techniques permettent de décorer le métal. La gravure est un décor avec enlèvement de métal, la ciselure est un décor sans enlèvement de métal. Des graveurs sur acier étaient également employés au travail des motifs des « matrices », affinant les creux et les pleins, les volutes et palmettes, de ces pièces qui, par passage sous presse, donnent aux couverts leurs formes définitives.
Visite organisée en partenariat avec le service culturel du Conseil général de la Seine-Saint-Denis