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Le tissu pavillonnaire de la Seine-Saint-Denis


Pavillon à Aulnay-sous-BoisLa Seine-Saint-Denis est le département le plus pavillonnaire de la première couronne parisienne puisqu’il y couvre 68 kilomètres carrés, soit 29 % du territoire. Il abrite 451 000 habitants, environ 30 % de la population séquano-dionysienne (Source : INSEE 2008).

Les quartiers pavillonnaires de la Seine-Saint-Denis sont très hétérogènes, ce qui va à l’encontre des représentations habituelles de ce type de tissus urbain. L’image communément attribuée au pavillonnaire est une « nappe », une étendue sans forte identité. Or, le tissu pavillonnaire de la Seine-Saint-Denis est composé de quartiers caractérisés par une importante diversité et c’est bien à l’échelle de ces quartiers que l’on comprend le mieux le fonctionnement d’un secteur pavillonnaire.

Cette diversité se retrouve d’abord dans l’environnement urbain, mais aussi dans les différentes morphologies des quartiers, dans les différents bâtis, dans la diversité de ses occupants ainsi que dans les politiques urbaines qui les accompagnent.

De l’histoire des premières villas d’avant 1914, mises en scène dans leur parc comme il en reste encore aujourd’hui, disséminées sur l’ensemble du territoire, tel qu’à Montfermeil ou au Raincy, aux morcellements des anciennes terres agricoles pour créer les lotissements de l’entre-deux-guerres, comme à Noisy-le-Grand ou à Villepinte, à celle des cités-jardins qui voulaient mettre les villes à la campagne, tels Stains ou le Pré-Saint-Gervais, aux expérimentations de l’après-guerre, comme la cité de Merlan à Noisy-le-Sec, les zones pavillonnaires se confondent avec l’évolution urbaine du département.

Ainsi, la Seine-Saint-Denis est le témoin de l’évolution de la construction des zones pavillonnaires, mais elle connaît aussi des expériences de type logement social patronal, comme la cité de La Ruche à Saint-Denis ou les pavillons Leducq (aujourd’hui démolis) à Pantin, des auto-constructeurs, les « castors », comme la cité du Clair Logis à Montreuil ou le projet Guynemer à Saint-Denis.

L'organisation de la parcelle et la morphologie du quartier

Les secteurs pavillonnaires correspondent à une juxtaposition de parcelles, issues de l’histoire de la constitution de la ville. La taille, la forme et l'occupation de ces parcelles diffèrent selon les quartiers. Leur taille moyenne varie du simple au double selon les communes et leur forme se distingue en trois catégories : le parcellaire rural et mixte, comme à Montfermeil, le lotissement qui correspond à une entité créée d’un seul tenant et à un même moment, dans une logique de plan organisé que l’on retrouve dans quasiment tous les lotissements (Cf Tremblay-en-France), et l'habitat individuel groupé.

Au sein d’une parcelle, trois principales affectations du sol sont identifiées : les constructions, le jardin et les limites. Ces répartitions s'organisent selon un modèle commun à tous les quartiers pavillonnaires qui consiste à établir une distinction entre l'espace avant, quasiment public, qui s’ouvre sur la rue et l'espace arrière, plus grand, préservé, destiné au jardin et aux activités privées.

Cependant, en fonction de leur taille et de leur forme, l'occupation varie fortement d’un type de parcelle à l’autre selon le mode d’organisation du quartier.  Les principales morphologies de quartiers pavillonnaires que l’on trouve en Seine-Saint-Denis sont les cités-jardins (Stains, Drancy ou le Blanc-Mesnil), les lotissements-parcs (au Raincy), les lotissements en étoile et/ou concentriques (Pré Galant à Villepinte), ceux en damier (Montfermeil) et les lotissements récents (Noisy-le-Sec).

L’habitat et l’habiter ou l’appropriation de son pavillon

L’ « habitat » est l’endroit où l’on est logé, sa maison, sa chambre ou son appartement. Mais il existe un aspect plus large qui est celui de « l’habiter » qui réside dans le rapport instauré par celui qui habite avec son environnement, sa place dans une communauté, voire dans la société. Il se produit une interactivité entre l’habitat et l’habiter. Si l’individu est façonné par son environnement, ce dernier l’est aussi par l’individu lui même. Il apparaît donc un échange entre l’habitat et l’habiter.

Pavillon avenue Paty à StainsD’autre part, l'une des caractéristiques de l'habitat pavillonnaire consiste dans les diverses possibilités d'appropriation que celui-ci permet contrairement au logement collectif. Les « pavillonneurs » transforment leur maison par des signes, plus ou moins visibles, sur l’espace privé : le pavillon lui-même, dans le jardin ou sur la clôture. Toutes les « décorations » sont possibles et l’imagination est au pouvoir : nains de jardin, volatiles de toutes sortes en ciment, frises en coquillages et autres girouettes, sans oublier, bien sûr, les rideaux, à carreaux rouge et blanc ou en dentelle, et l’écriteau portant le nom de la demeure. Ils constituent alors des facteurs de singularité à l'échelle individuelle de l'habitant d’un pavillonnaire mais il existe également des volontés  d'homogénéité à l'échelle de la communauté des occupants de pavillons, partageant une même volonté de personnalisation de l’espace public, comme dans un lotissement en étoile de type du quartier du Pré-Galant à Villepinte ou la cité-jardin de Stains.


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