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Les espaces boisés de la Seine-Saint-Denis


parc forestier de la Poudrerie Bois et forêts couvraient autrefois une grande partie de la Seine-Saint-Denis. Certains arbres ont laissé leur empreinte dans les noms de lieux, comme Tremblay-en-France dont le nom vient du tremble qui recouvrait jadis son territoire, mais aussi  tous les « sous-Bois » accolés au nom de communes : Aulnay-sous-Bois, Clichy-sous-Bois, Pavillon-sous-Bois, Montreuil-sous-Bois, voire Fontenay-sous-Bois située dans le Val-de-Marne mais limitrophe de Montreuil.

La vaste plaine qui conduisait de Paris à Saint-Denis se prête peu à la forêt. En revanche, celle-ci coiffe les hauteurs de Pierrefitte et de Villetaneuse. Plus l’on se dirige vers l’Est et plus la forêt se densifie. C’est là que se trouvent les bois du Grand Drancy, de Bobigny, d’Aulnay et, sitôt après, la vaste et redoutable forêt de Bondy : huit kilomètres sur quatre qui englobent les villages de Clichy, de Livry, Coubron et Montfermeil.

Mais ce n’est pas terminé et si l’on se dirige vers le Sud, un bois au lieu-dit « La Montagne », un autre tout près de Neuilly-sur-Marne, un bois de près d’une dizaine d’hectare pratiquement en bordure de Marne, à Gournay-sur-Marne, et un autre sur les hauteurs de Rosny complètent cette énumération sommaire. Il faudrait ajouter les châteaux et maisons de plaisance aux parcs arborés et les pentes couvertes de lilas entre Bagnolet et Romainville pour se faire une idée du paysage forestier de la Seine-Saint-Denis jusqu’à la moitié du XIXe siècle.

La forêt de Bondy

Forêt de BondyLa plus importante de ces forêts était la forêt de Bondy. La forêt régionale de Bondy est un vestige de cette ancienne forêt qui s'étendait sur une part importante du pays d'Aulnoye. De nombreuses légendes y sont attachées comme celle de Childéric II, le petit-fils de Dagobert, qui y aurait été assassiné en 675. La tradition veut qu’Henry IV aimait à venir se promener dans la forêt de Bondy qui était réservée aux chasses royales.

Devenue un repaire de bandits de grands chemins, détrousseurs et assassins, c’est dans cette forêt que Victor Hugo plante le décor de la rencontre de Cosette et Jean Valjean. La forêt de Bondy a aussi été un lieu de pèlerinage réputé. On raconte en effet qu’au Moyen-âge, trois marchands, attaqués par des brigands, auraient été sauvés par un ange. La Chapelle Notre-Dame des Anges à Clichy-sous-Bois et son pèlerinage du mois de septembre ont attiré un nombre important de pèlerins, de la moitié du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale, et fait la réputation du petit village qu'était alors Clichy.

Au début du XIXe siècle, ce massif forestier, qui s'étend alors sur les communes de Bondy, Livry, Aulnay-sous-Bois, Coubron et Villemomble est exploité pour son bois mais aussi son gypse dont l’extraction se fait dans de grandes carrières. Après avoir été transformé en plâtre, il est utilisé comme matériau de construction traditionnel de la région parisienne.

De l'ancienne forêt, il ne reste aujourd'hui que 400 hectares au total, dont notamment la forêt régionale de Bondy (170 hectares), le Bois des Couronnes, le Bois de Livry-Gargan (dit réserve de Chelles), le bois de Bernouille, le Parc de la Poudrerie de Sevran et le parc de la Fosse-Maussoin. On retrouve également la trace de l'ancienne Forêt de Bondy sous la forme de bouquets isolés de vieux chênes ou charmes dans des propriétés privées jusqu'au nord de Livry-Gargan et au Raincy jusqu’à la ligne SNCF. Les lacs, châteaux et demeures qui existaient dans la forêt de Bondy ont souvent subsistés perdus dans l’urbanisation (telle la chapelle Notre-Dame des Anges) ou ont complètement disparus (comme l’étang des Sept-Îles).

Promenade dans la forêt de Bondy

Randonneurs dans la forêt de BondyLa forêt de Bondy a, en partie, disparue mais il est encore possible de marcher sur les traces des paysages qu’ont pu connaître nos ancêtres. Ainsi, en suivant la Dhuis, un sentier permet une jolie promenade. De la gare de Lagny en passant par Clichy-sous-Bois, il est possible de se promener sur plusieurs kilomètres au milieu des bois et des champs. À chaque kilomètre, un « regard » permet d’apercevoir la source de la Dhuys qui, jadis, alimentait Paris en eau potable. Le chemin traverse la forêt de Bondy et le site extraordinairement bien préservé de Coubron avec son bois, ses champs de céréales et ses prairies où l’on peut toujours rencontrer des vaches ! Quant au sentier de petite randonnée appelé « sentier de Cosette », un  parcours de 10 kilomètres qui contourne Montfermeil, il rejoint la promenade de la Dhuis par le Vieux Chemin de Coubron.


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