Vous êtes ici : Accueil  > 

Babcock & Wilcox


Babcock

La société américaine Babcock & Wilcox, créée en 1867, est spécialisée dans la fabrique des chaudières industrielles. Après avoir créé sa première filiale française, en 1881, à Clichy-la-Garenne, l'entreprise souhaite augmenter sa capacité de production dans l'hexagone. Elle déménage alors ses ateliers, en 1898, dans les bâtiments de la Société des fonderies et ateliers, à La Courneuve.

Un bâtiment administratif typique du Mouvement Moderne

Babcock & Wilcox emporte un grand succès en France et ne cesse de gagner des marchés. Elle y devient le premier fabricant de chaudières industrielles, équipant la quasi-totalité des grandes centrales thermiques françaises mais aussi des sociétés particulières comme les Grands Moulins de Pantin ou la distillerie Cusenier à La Courneuve. Le nombre de ses ouvriers augmente d'années en années et, de 540 salariés en 1914, Babcok & Wilcox en emploie 800 en 1936. Cette réussite l'oblige à s'agrandir. Dans un premier temps et durant une vingtaine d'années, l'entreprise construit plusieurs ateliers, ici et là, sans aucune cohérence, au fur et à mesure de ses acquisitions de parcelles. Ce n'est qu'au début des années 1920 que Babcock & Wilcox décide de réorganiser l'installation de son usine.

Non loin de la nouvelle cheminée, édifiée en 1915, des bâtiments à la structure en béton et au remplissage de briques regroupent la chaudronnerie et les forges. Face à eux, de nouveaux ateliers de fonderie s'ajoutent à l'ensemble plus ancien. Les fonderies, halles aux structures métalliques hourdies (emplies) de briques seront amputées de leur extrémité nord lors de la construction de l'autoroute A86. Enfin, à l'entrée du site, dissimulant le désordre du parc central et signalant la réussite de l'entreprise, s'élève un élégant bâtiment administratif. Son expansion continue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et l'entreprise américaine emploie 1 390 salariés en 1947. À cette date, l'entreprise couvre 93 000 m2 de terrains répartis sur trois îlots, le long des rues Emile-Zola, Raspail et Krüger, constituant l'une des plus grandes emprises industrielles de La Courneuve et devenant le premier employeur de la ville. Babcok & Wilcox se trouve à nouveau à l'étroit dans ses locaux courneuviens. Mais la forte densité urbaine alentour lui fait envisager de quitter La Courneuve.

Son principal client, Electricité de France, l'incite à rester en lui passant commande de nouvelles chaudières, d'autant plus puissantes qu'elles se doivent de fournir l'énergie nécessaire à une France en pleine reconstruction. De nouveaux ateliers de forge, de chaudronnerie et des laboratoires sont construits dans les années 1950. Parmi tous ces ajouts, l'élément architectural le plus remarquable demeure le bâtiment administratif, construit en 1923, à l'entrée du site. L'édifice, constitué de trois étages à l'origine, est surélevé d'un niveau supplémentaire en 1929. Le remplissage en briques ocre des pilastres de béton de couleur blanche contraste avec les habituelles briques rouges utilisées à la même époque pour les bâtiments industriels. Sur la façade, percée de grandes baies vitrées, court une large frise de mosaïque, rythmée par des moulures. Deux cartouches, également en mosaïque colorée, contiennent les initiales, B & W, de l'entreprise. L'allure générale de sa façade et son toit en terrasse en fait un bâtiment typique du Mouvement Moderne comme l'imprimerie de L'Illustration ou, dans une moindre mesure, le bâtiment principal des Aciéries de Champagnole.

De la production à l'événementiel : quel avenir pour le site ?

L'effectif de l'usine atteint son apogée à la fin des années 1960 au moment du rapprochement avec les Chantiers de l'Atlantique (1600 salariés an 1969) avant de décroître au rythme des plans sociaux. En effet, les nouvelles orientations de la politique énergétique amorcées au début des années soixante auxquelles s'ajoute la crise pétrolière des années soixante-dix, signent le début du déclin de Babcock & Wilcox. EDF remplace ses chaudières thermiques à combustibles fossiles (le charbon et le fuel) par des chaudières nucléaires, obligeant l'entreprise américaine à réviser à la baisse ses logiques de fabrication. Malgré une importante production destinée à l'exportation, la diminution du nombre des commandes se répercute sur les effectifs des salariés. Entre 1967 et 1978, malgré la fusion avec Fives-Lille-Cail (l'entreprise ayant construit le pont levant de la rue de Crimée), le nombre de salariés du groupe Fives-Cail-Babcock diminue des deux tiers, passant de 1 450 à 530 personnes. À la suite d'une longue politique de rachats et de fusions, Babcock & Wilcox, devenue Babcock Entreprise, devient à 100% filiale du groupe Construction Industrielle de Méditerranée, en 1989.

Progressivement, le site de La Courneuve se réduit à des activités de maintenance et de réparations de chaudières, bien que conservant encore un important bureau d'études et de petites unités de fabrication. Puis, la production déserte totalement les bâtiments qui ne sont plus utilisés que comme entrepôts. Aujourd'hui, le site de Babcock concentre des activités de maintenance, un bureau d'étude et des services commerciaux. Le lieu est régulièrement utilisé pour des tournages de films ou des défilés de mode. En novembre 2008, le groupe Renault-Nissan y a présenté la Nissan Qashquai, son nouveau 4x4 qui a permis à la lourde porte coulissante en métal de s'ouvrir pour un public de 300 journalistes. En 2016, la MC 93 propose des spectacles dans la friche industrielle Babcock. La question de son avenir demeure posée.

Babcock & Wilcox

Babcock et Wilcox à la Courneuve
80 rue Emile-Zola

93120 LA COURNEUVE
48.923453 , 2.389498
 
Afficher les lieux à proximité


Plus d'informations sur l'Architecture du nord-est parisien:

Site par ID-Alizés