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Institut supérieur des métiers de la finition et de la décoration

Situé à Pantin, sur un site de 8 000 m2, l'Institut bénéficie d'une infrastructure technique et d'un équipement logistique de tout premier plan qui lui permettent, au sein de ses trois Départements spécialisés, de répondre à l'ensemble des besoins de formation des Entreprises de Peinture Finitions, dans le cadre de l'apprentissage ou de la formation continue des salariés.
Les trois temps forts de la visite seront la découverte des multiples formations dispensées par l’institut, une halte dans une salle-musée qui retrace la petite histoire de la peinture et enfin, l’initiation aux différentes techniques de peinture tels le filage et l’ornementation, les enduits décoratifs, la dorure…


Petite histoire de la peinture

Dans les cavernes de l'époque paléolithique, Le support est moyennement humide car ainsi, les pigments peuvent plus facilement imprégner la roche. La palette de couleur était réduite : ocre jaune, ocre rouge (couleur naturelle) et charbon de bois (couleur déjà synthétique car faisant appel à une manipulation). Ces pigments, très solides, sont encore utilisés de nos jours. On n'a pas pu mettre en évidence l'utilisation de liants ; le pigment devait être mélangé, tout simplement, avec de l'eau.
L'application se faisait avec les mains, un bâton, mais aussi avec un pistolet à peinture ! (Des morceaux d'os creux et effilés dont l'intérieur était barbouillé de colorant, retrouvés près des peintures, laissent penser que l’on s’en servait pour projeter le colorant en soufflant).
Dans l'Egypte ancienne, on voit apparaître les liants qui, mélangés aux pigments, assurent à la peinture une meilleure tenue. Les premiers sont le jus de figue et le miel. Les enduits étaient à base d'un mélange de boue, de bouse de vache, de poil d'animal ou de paille hachée et du plâtre.
De nouveaux pigments apparaissent : rouge de cinabre, bleu outremer, bleu égyptien, rejoints, plus tard, par la céruse et le minium de plomb. Des colorants extraits du règne animal ou végétal comme le carmin de Kermès et le pastel sont également utilisés.
Les enduits sont d'une très grande solidité (mélange de chaux éteinte, de craie et de poussière de marbre).
Il faut ensuite attendre le Moyen Age pour voir apparaître un nouveau liant : le blanc d'œuf. De nombreux artistes du Moyen Age et de la Renaissance ont utilisé ce liant qui a d'excellente qualité de conservation et n'altère pas la fraîcheur des pigments.
C'est sous la Renaissance que l'huile de lin commence à être utilisée par les peintres, car elle est plus facile d'emploi et s'applique sur des supports moins bien préparés.
C'est dans le bouillonnement social de la Renaissance, que la profession de peintres va s'organiser. Elle présente la particularité d'associer l'aspect artistique à celui plus matériel de l'artisan.
En 1720 Charles Laclef, dont l'entreprise deviendra plus tard la Maison Lefranc, s'installe à Paris et entreprend pour la première fois en Europe la fabrication de peintures.
On peut considérer cette date comme marquant le passage de la préparation des couleurs par les peintres à leur fabrication par des techniciens chimistes.
Le pigment blanc est l'oxyde de zinc, le lithopone n'apparaîtra que vers 1850. Le dioxyde de titane vers 1920. Il permet aux peintures blanches d’atteindre de grandes performances de couvrant.
Le pigment noir principal est le noir de fumée, suivi de l'oxyde de fer noir naturel.
Existent également des noirs végétaux : noir de vigne, noir de fusain (encore utilisé de nos jours dans le dessin), et des noirs animaux : noirs d'os, noir d'ivoire.
Les pigments de couleur sont principalement les terres : terre de sienne, terre d'ombre, ocre rouge, ocre jaune ou des pigments synthétiques comme : le bleu de Prusse (bleu milori), le bleu d'outremer, le vermillon de mercure, le violet de manganèse.
Les liants, à cette époque, sont les gommes copal qui sont des substances fossiles, provenant de végétaux disparus de la surface du globe.
Vers 1850, on voit apparaître aux Etats-Unis les premières peintures cellulosiques.
Cette peinture à séchage rapide, restée sans emploi pendant 50 ans, devient une nécessité au début du XXe siècle avec le développement de l’industrie automobile.
C'est surtout entre les deux guerres mondiales avec l'arrivée de la pétrochimie, que l'on constate l'extraordinaire éclosion de matières nouvelles : résines glycérophtaliques, vinyliques, silicones, acryliques, polyuréthanes, époxydiques…. Elles apportent leurs qualités de séchage, de brillant, de tenue…
Les pigments naturels comme les ocres tendent à disparaître pour être remplacés par des oxydes de fer synthétiques qui présentent l'avantage d'être plus fins et donc de pouvoir avoir des finesses de peintures plus grandes.
Les pigments de couleurs sont tous pratiquement synthétiques.

La peinture pour protéger, assainir, embellir
Les trois constituants d'une peinture sont :
Le liant qui donne naissance au film lors du travail de mise en œuvre.
Le pigment qui apporte la couleur et l'opacité, les charges (corps minéraux) complétant le "corps" de la peinture.
Le solvant dont le rôle éphémère (il disparaît par évaporation) est de conférer une bonne viscosité à la peinture lors de sa mise en œuvre, selon le mode d'application (rouleau, brosse, pistolet, airless,…)

Pendant des siècles, avec les trois matériaux de base, le peintre préparait sa peinture. Les proportions des constituants changeaient en fonction des résultats recherchés.
Depuis environ 50 ans, les progrès de la chimie ont rendu obsolète la fabrication manuelle des peintures. L'huile de lin associée à des additifs chimiques (résines de synthèse) a donné la famille des peintures alkydes et glycérophtaliques.
D'autres résines de synthèse sont également venues sur le marché. On connaît bien les peintures acryliques, vinyliques, époxydiques, cellulosiques, polyuréthanes, au caoutchouc, au bitume, etc…
Ce phénomène a été lourd de conséquences pour la profession, car il a permis à tout le monde de peindre, puisqu'il n'y avait plus de mélanges à effectuer qui exigeaient des compétences.
Heureusement, la science de la préparation des fonds est restée l'apanage des vrais professionnels.
Aujourd'hui le fabricant a à sa disposition une quantité impressionnante de matières premières, ce qui lui permet de répondre à beaucoup de demandes, l'évolution ne se faisant plus que sur les points de détail. Mais beaucoup de produits qui hier paraissaient inoffensifs, sont maintenant considérés comme plus ou moins toxiques. La peinture fait partie de ces produits.

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