Le point fort de la visite que nous vous proposons repose sur le fonds Paul Eluard, des lithographies des caricaturistes du XIXe siècle, (dont 3800 de Daumier), des fonds d’ateliers d’artistes et de graveurs (Frapier, Delâtre), des dessins de Jean Effel et des estampes d’artistes contemporains. En effet, les œuvres sur papier font l’objet d’une démarche de conservation préventive et de restauration. Les conservateurs vous feront la démonstration de leurs savoir-faire et vous serez invités à découvrir les différentes étapes de ce travail : dépoussiérage, démontage, nettoyage, élimination des résidus, élimination des réparations, lavage, recollage des déchirures, renfort des déchirures, renfort des fragilisations, renfort des plis, incrustations des lacunes, doublage, montage de conservation.Vous pourrez ensuite visiter les collections du Musée. La qualité de l’aménagement muséographique et le respect de l’architecture originelle ont valu le Prix européen des Musées en 1983. Au fil du parcours, sont évoqués plusieurs aspects de la vie dionysienne : le passé lointain de la ville depuis sa période médiévale, à travers la présentation des résultats des fouilles archéologiques ; l’atmosphère paisible de la vie des carmélites, dans les cellules restaurées ; l’épopée de la Commune de Paris par des documents, tableaux et œuvres graphiques de Steinlen, Manet ou Girardet ; la condition hospitalière avec l’apothicairerie.
Un Musée dans un Carmel
Dès sa création en 1625, sous l’ordre du cardinal de Bérulle, par Anne du saint Sacrement, le Carmel de Saint-Denis est placé sous la protection de la cour royale. En 1628 Marie de Médicis pose la première pierre de l’église primitive. Anne d’Autriche en finance et achève sa construction en 1651. La venue de Louise de France, fille de Louis XV, en 1770, est un don de la providence. Le Carmel est dans un état de délabrement avancé. Elle entreprend dans un premier temps, grâce à sa dot royale, la restauration des bâtiments du monastère et la reconstruction du réfectoire. Mais elle souhaite édifier une chapelle digne d’une fille de France à Dieu. La nouvelle église bâtie par l’architecte du roi, Richard Mique, sera consacrée en 1784. Les carmélites occupent les lieux jusqu’en 1895 date à laquelle la chapelle devient Justice de paix. A la fin du XIXe siècle, les bâtiments du couvent ne cessent de se dégrader, la quatrième aile du cloître disparaît. Les sœurs de la Sainte Famille du Sacré-Cœur s’y installent jusqu’en 1959. Elles assurent en partie la survie de l’établissement. Le 6 avril 1929 l’ensemble des bâtiments conventuels est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. En 1957, le conseil municipal s’oppose à un plan de spéculation qui vise à la construction de 160 logements. Les négociations pour le rachat vont durer jusqu’en 1972. Le Carmel est acquis sans l’aide de l’Etat et des travaux sont entrepris pour l’installation du musée. Le projet d’aménagement est élaboré en accord avec la Direction des Musées de France. Les travaux commencent en 1976. Une première tranche, (restauration de l’aile Ouest du cloître, sauvegarde de l’ensemble des bâtiments et aménagements des espaces verts) permet de transférer le musée. Le nouveau musée ouvre le 20 mai 1981.
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