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L'Oréal à Aulnay-sous-Bois ou le Syctom à Saint-Ouen et Romainville


Parler du patrimoine, ce n’est pas parler d’histoire ancienne. Le patrimoine industriel de demain, c’est l’esthétique des bâtiments d’aujourd’hui qui le constituera. Parmi ceux-ci, certains édifices contemporains de la Seine-Saint-Denis traduisent les tendances actuelles, intégrant de nouvelles préoccupations, notamment en termes de paysage, d’écologie et d’environnement. Le plus souvent, ces nouvelles architectures s’imposent par leur choix du métal.

Le SYCTOM à Saint-Ouen et à Romainville

Le Syndicat Intercommunal de Traitement des Ordures Ménagères (SYCTOM) est créé en 1984 par 62 communes de l’ancien département de la Seine. Ses objectifs concernent la modernisation du traitement des ordures ménagères, la suppression des pollutions dues à l’incinération et le développement de la valorisation des déchets. Plusieurs centres sont implantés en Seine-Saint-Denis (Saint-Ouen, Saint-Denis, Le Blanc-Mesnil, Aulnay-sous-Bois, Sevran et Romainville), un autre est en construction à Bobigny.

L’usine d’incinération de Saint-Ouen I, fonctionnant depuis 1954, était devenu vétuste et incompatible avec les nouvelles normes européennes. Le SYCTOM lance, en 1985, un concours d’architecture pour la nouvelle usine de Saint-Ouen que remporte l’équipe S’Pace, composée de Jean-Robert Mazaud, Catherine Parent et Pierre-Henri Montel. Centre d’incinération, l’usine est située en bordure de Seine afin d’y puiser l’eau de refroidissement, sur un terrain de 4,8 hectares. Le souci de l’environnement y est symbolisé par la cheminée qui, depuis 1998 et du haut de ses 100 mètres, est la première, en France, à répondre aux normes européennes.

Pour le centre de tri des déchets ménagers de Romainville, réalisé en 1993, les architectes Lacombe et Poirier assistés des paysagistes Penna, ont utilisé la métaphore de l’ogre. En donnant à cette usine géante la forme d’un gros insecte, avec des pinces, une tête et un abdomen, ils indiquent clairement le dispositif organique. Les différentes opérations s’effectuent dans "l’organisme vivant" : les rampes d’accès (les pinces) servent pour l’approvisionnement, une fosse de réception (symbolisée par les mandibules) assure le stockage, la chaufferie (dans l’abdomen) permet l’assimilation. Ce centre de tri répond au souci de protection de l’environnement grâce au recyclage. Une image forte d’esthétique, de propreté mais aussi de technicité émane du bâtiment, créant un décalage avec sa fonction.

L’Oréal à Aulnay-sous-Bois

Ce monstre de la cosmétique réalise, en 1991 à Aulnay-sous-Bois, une usine de fabrication de produits cosmétiques et capillaires avec trois unités de production, des laboratoires de contrôle et des locaux administratifs et sociaux.

Les architectes, Denis Valode et Jean Pistre, ont imaginé une vaste fleur blanche constituée de trois pétales en toiture. L’ingénieur Peter Rice a réalisé ces couvertures grâce à un système de pyramides inversées dont les pointes sont reliées entre elles par des câbles et des barres minces. Ainsi, malgré une période de désindustrialisation qui a engendré un grand nombre de friches mais aussi de belles opérations de réhabilitation ayant permis de conserver certains bâtiments, quelques décennies plus tard des nouveaux programmes d’envergure redonnent à l’architecture industrielle ses lettres de noblesse.


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