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Saint-Denis : le plus grand musée au monde de monuments funéraires

La Cathédrale Basilique est l’un des premiers chefs d’œuvre de l’art gothique et le plus grand musée au monde de monuments funéraires. De Dagobert, premier roi inhumé dans l’église même au XIIIe siècle, à Louis XVIII, le dernier, en passant par Clovis, Charles Martel, Pépin le Bref, Louis IX ou le couple Henri II-Catherine de Médicis, la nécropole royale rassemble une collection unique de tombeaux et de gisants.

Le mausolée des Valois : monument funéraire inachevé

Mausolée des ValoisLe mausolée des Valois est commandé par Catherine de Médicis. Le chantier débute en 1572 dans l’emprise du cimetière et plus de mille ouvriers s’y activent. Dans un premier temps, douze caveaux sont prévus en sous-sol, mais, à peine terminé, celui-ci s’effondre. Il faut recommencer et ne conserver que six places.

En 1573, Jean Bullant (architecte et sculpteur, né vers 1515 et mort en 1578) signe un contrat de construction et édifie le rez-de-chaussée. Entre 1582 et 1586, Baptiste Androuet du Cerceau (1544-1602) achève le premier étage puis, les travaux sont interrompus. Les colonnes du second étage ne reçoivent pas leurs chapiteaux et les ouvertures ne seront jamais garnies de fenêtres.

Édifié en forme de rotonde, ce mausolée qui abritait les tombes de Henri II et Catherine de Médicis était, telle une énorme verrue, attenant à l’église abbatiale. On y accédait par une ouverture percée dans la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche, située dans le bras nord du transept.

Jamais terminé, mal ou pas entretenu, les intempéries aidant, le mausolée des Valois menace de s’effondrer. Une expertise établie par Robert de Cotte en 1719 signe sa condamnation. Il est démoli en 1721. Le dépérissement du bâtiment avait endommagé les murs sur lesquels il s’appuyait. Il fallut donc réparer ces murs, voire les reconstruire en partie. Ce fut le cas pour « le gros pilier tenant à droite en sortant de la chapelle de Notre-Dame-la-Blanche qu’il a fallut reconstruire de toute son épaisseur de pierre dure par assise » écrit Robert de Cotte dans son rapport.

L’agrandissement du caveau des Cérémonies, sépulture des Bourbon

Depuis 1610, l’ancien caveau d’Anne de Bretagne (décédée en 1514) dit le caveau « des cérémonies » est devenu le caveau des princes du sang de la branche royale des Bourbon. Mais, en 1683, lors de la mort de Marie-Thérèse, l’épouse de Louis XIV, il faut se rendre à l’évidence : le caveau des Bourbons sature et il n’y a pas la place pour y placer le corps de la Reine. Il faut l’agrandir !

Le travail est délicat et risqué et les ingénieurs du roi sont envoyés sur place. Ceux-ci utilisent une ancienne chapelle afin de creuser un petit corridor sous le chevet.  Au cours de leur travail, les ouvriers découvrent plusieurs tombeaux qui ne purent être identifiés. Afin d’éviter les éboulements, les ouvriers doivent étayer au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Au bout d’environ une quinzaine de mètres, ils débouchent dans le caveau des Bourbon.

Grâce à ce corridor de communication, il a été plus aisé d’y accéder et de construire un caveau plus spacieux qui occupait, sous le chevet, l’ancienne crypte où avaient été, autrefois, inhumés les corps des saints martyrs. Ce nouveau caveau mesurait environ 18 mètres de long et cinq mètres dans sa plus grande largeur. Il sera détruit lors de la grande profanation du caveau des Bourbon en octobre 1793.



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